Ligue des nations : Benzema - Mbappé, des éclairs pour un sacré coup de tonnerre

Si la France a pu soulever le trophée de la Ligue des nations dimanche à Milan, c'est en grande partie grâce à son duo offensif Karim Benzema - Kylian Mbappé, décisif comme en demi-finale, trois jours plus tôt.

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Kylian Mbappé et Karim Benzema savourent la victoire de la France en Ligue des nations, le 10 octobre 2021 contre l'Espagne à San Siro (Milan). (FRANCK FIFE / AFP)

L'équipe de France n'est plus à un paradoxe près. Décriée pour son jeu quand elle soulève la Coupe du monde en 2018, la voilà qui repart d'Italie avec la Ligue des nations à peine deux heures de jeu après avoir tutoyé le doute profond, contre la Belgique. Les Bleus ont évité la crise existentielle jeudi face aux Diables Rouges (2-3), puis ce dimanche contre l'Espagne (2-1) grâce à leur force de caractère, mais surtout grâce à leurs hommes providentiels de la semaine : Karim Benzema et Kylian Mbappé.

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Les deux attaquants tricolores n'ont pourtant pas vécu le match le plus épanouissant de leur carrière. Après dix premières minutes de feu, le duo, comme son comparse offensif Antoine Griezmann, a traversé un vrai désert, totalement coupé du jeu français par la lessiveuse du pressing espagnol. Peu de ballons à se mettre sous la dent (39 à deux entre la 10e et la 60e minute !), pas la moindre opportunité de se projeter vers l'avant et peser, les héros du come-back belge semblaient partis pour ranger leur cape. Au point de se demander si sacrifier la présence d'un point d'ancrage comme Olivier Giroud dans le jeu long n'allait pas finir par manquer dans ce genre de match. 

La caresse de Benzema, le coup de rein de Mbappé

Puis, l'Espagne a ouvert le score. Les hommes de Didier Deschamps n'étaient plus seulement acculés, mais bien dos au mur. Le moment précis où ils savent se redresser. Un geste de génie a fait le reste, en un éclair. Deux minutes après le but de Mikel Oyarzabal, les Bleus parviennent enfin à créer une percée. Kylian Mbappé remonte le ballon jusqu'aux abords de la surface et trouve Karim Benzema.

L'enchaînement est un délice de douceur, un crochet parfait avant une caresse enveloppée au fond des filets. Unai Simon, le gardien espagnol, était pourtant bien placé, ne laissant pour seule option à l'attaquant du Real Madrid une frappe d'une précision d'orfèvre pour espérer tromper son envergure.

Contre la Belgique, le numéro 19 des Bleus avait redonné l'espoir aux siens à la 62e minute, déjà par un geste magnifique, déjà suite à un service de la gauche par Kylian Mbappé. Benzema a cette fois attendu deux minutes de plus. Son but jeudi avait été l'étincelle. Celui de dimanche a fait naître un brasier.

Car d'une rencontre à l'étouffée, aux occasions aussi rares que précieuses, cette finale de la Ligue des nations est devenue ouverte comme rarement les France – Espagne l'ont été. Du rythme, et un peu d'espace, tout ce qu'il fallait à Mbappé pour sévir à son tour. Si Karim Benzema avait eu une première alerte dès la 8e minute, l'attaquant du Paris Saint-Germain n'avait jusqu'alors eu aucun moyen de se mettre en évidence, bien muselé par Aymeric Laporte notamment. Mais délivré de ses chaînes, l'attaquant français a enfin pu s'exprimer. Et prendre ses responsabilités, quelques jours après son penalty réussi en patron contre les Diables Rouges.

Mbappé, rédemption confirmée

Alors, Mbappé a tenté, beaucoup. Lui qui n'avait pas pu frapper une seule fois avant l'heure de jeu a tiré six fois en vingt minutes. Tout n'a pas été parfait, à l'image de ses deux tentatives bien trop axiales à la 71e puis à la 88e minute malgré de belles situations. Mais comme Benzema a pu laisser parler sa qualité technique pour enfin s'exprimer, le Bondynois a eu une munition préférentielle, lancé pleine balle à la 80e minute par un Théo Hernandez qui s'est lui aussi prouvé indispensable durant le Final 4 de la Ligue des nations.

Du but du Parisien, certains retiendront le geste d'Eric Garcia, qui touche la passe et a semé le doute sur une position de hors-jeu pourtant évidente aux premiers abords. Mais ce coup de pouce, ou plutôt d'orteil ne doit pas obscurcir l'instinct lumineux de Mbappé, un passement de jambes supersonique pour faire plonger Unai Simon et mieux lui glisser le ballon sous le bras. La fusée parisienne est le joueur le plus décisif du Final 4, comme il l'avait déjà été lors de la phase de groupes, impliqué sur sept buts (4 réalisations, 3 passes décisives) en six matches.

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"C'est le signe des grandes équipes, ne pas paniquer, patienter et attendre le bon moment."

Karim Benzema

à M6

Karim Benzema et Kylian Mbappé n'auront pas brillé par un spectacle au long cours. Dans un match aussi fermé, seuls quelques instantanés de velours auront suffi. Le premier a été élu homme du match, le deuxième termine ces "Finals" de la Ligue des nations en ayant été décisif à quatre reprises en 180 minutes, ce qu'aucun autre joueur n'aura su faire.

Longtemps vantée pour ses vertus mentales, l'équipe de France a trouvé la voie en Italie sur l'autel de ses artistes de pointe. "Cette équipe est très, très forte, elle ne lâche jamais rien, s'est félicité le joueur du Real au micro de M6. C'est le signe des grandes équipes, ne pas paniquer, patienter et attendre le bon moment." C'est tout aussi vrai des grands joueurs.

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