Espagne-France : trois questions sur le but polémique de Kylian Mbappé en finale de Ligue des nations

Le deuxième but de l'équipe de France contre l'Espagne, inscrit par l'attaquant du PSG en fin de match, n'a pas laissé les spectateurs indifférents, en particulier les Espagnols.

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France Télévisions
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Kylian Mbappé célèbre son but lors de la finale de la Ligue de nations, opposant la France à l'Espagne, le 10 octobre 2021, au stade San Siro, de Milan (Italie). (JEAN CATUFFE / DPPI via AFP)

Si la victoire (2-1) de la France, dimanche 10 octobre, face à l'Espagne en finale de la Ligue des nations, a fait beaucoup de bruit, un autre sujet monopolise presque autant, voire plus, l'attention : le deuxième but de l'équipe de France, inscrit par Kylian Mbappé (80e). Si son but a bien été validé par le trio arbitral, qui s'est appuyé sur la VAR, la polémique ne cesse d'enfler, notamment en Espagne. Car ce qui interroge, c'est la position du Tricolore alors hors-jeu au moment de la passe décisive de Théo Hernandez. Joël Quiniou, ancien arbitre international, nous aide à y voir plus clair. 

Le but de Mbappé était-il valable ? 

Face à l'action du Français, une première vérification s'impose, celle de la règle du jeu. Dans ce cas de figure, c'est la loi 11 du jeu qui s'applique. Celle-ci indique "qu'un joueur qui est en position de hors-jeu, et qui reçoit le ballon joué délibérément par un adversaire, n'est pas considéré comme tirant un avantage de sa position. Donc, on retire la notion de hors-jeu dans cette considération de jeu", explique Joël Quiniou, ancien arbitre international. 

Dans la configuration de ce but, Eric Garcia a en effet tenté de jouer le ballon. Il l'a donc touché, et il a légèrement dévié sa course. En agissant ainsi, Garcia a remis en jeu Kylian Mbappé. "On ne peut pas considérer qu'il s'agisse d'un geste non-intentionnel. C'est un geste défensif qui a été fait pour tenter d'éviter que Kylian Mbappé récupère le ballon. C'est cette considération qui a été prise en compte", détaille Joël Quiniou. 

"En revanche, précise l'ancien arbitre, si par exemple, il y avait eu un sauvetage délibéré sur la ligne de but, c'est-à-dire que si le geste avait consisté à intercepter ou tenter d'intercepter le ballon qui se dirige vers le but, alors là, l'International board considère que l'attaquant ne tire pas un avantage de sa position et doit être sanctionné." Mais dimanche soir, il ne s'agissait pas d'un sauvetage devant la ligne de but, et c'est la raison pour laquelle le trio d'arbitres a validé le but.

Pourquoi ce but a créé tant de polémiques ?

Si la règle est pourtant claire, le but du Tricolore ne cesse de créer la polémique, notamment en Espagne. Pourtant, cette loi 11 n'a pas d'exception. "La règle est claire et est faite pour être appliquée, tranche l'ancien arbitre. Dans ce cas-ci, on parle de joueur en position de hors-jeu, mais qui récupère le ballon d'un défenseur qui a joué ou touché le ballon et qui remet en jeu son adversaire."

Alors comment cela s'explique-t-il ? "C'est le problème de l'interprétation", assure Joël Quiniou. "Lorsqu'on fait un geste défensif, que l'on touche le ballon volontairement ou pas, c'est ce qui crée, non pas les polémiques, mais les discussions. On voit bien malgré tout, poursuit-il, que le ballon change de trajectoire, que le joueur a réalisé un geste défensif. Pourquoi le ballon change-t-il de trajectoire ? Parce que le joueur l'a joué, c'est un geste défensif qu'il n'a peut-être pas suffisamment appuyé. S'il avait été appuyé, le ballon aurait amèrement changé de trajectoire. On n'en parlerait pas."

Depuis l'instauration de la VAR, les problèmes d'interprétation sont-ils plus fréquents ?

Depuis quelques années, la VAR s'est immiscée dans l'arbitrage du football. Si elle a vocation à donner des réponses aux éventuels doutes lors des temps de jeu, elle est toutefois souvent source de discorde entre les différents camps. Pour autant, les problèmes d'interprétation ne sont pas nouveaux. "Il y aura toujours des problèmes d'interprétation, que ce soit sur le terrain ou devant l'écran", balaye Joël Quiniou. 

Pourquoi ? "Parce que c'est une activité humaine, ce n’est pas cartésien, répond le spécialiste. Une main dans la surface par exemple, chacun aura son avis, qui ne sera pas forcément le même que celui de son voisin. C'est ça toute la difficulté. La règle est claire mais c'est l'interprétation qui amène des discussions voire des polémiques", conclut l'ancien arbitre. Sur ce but, les discussions ont laissé place aux polémiques, sans toutefois remettre en cause la victoire française, la première en Ligue des nations. 

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