Mort de Diego Maradona : un an après, "Dieu" est partout

Un an après la mort de l'ancien footballeur, l'Argentine continue de commémorer son idole.

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France Télévisions
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Un groupe de femmes devant une fresque rendant hommage à Diego Maradona, à Buenos Aires le 4 novembre. (JUAN MABROMATA / AFP)

Un an après sa mort, survenue le 25 novembre 2020, Diego Maradona reste présent dans la vie de millions d'Argentins. Des fresques, parfois géantes, ornent les murs de quartiers populaires de Buenos Aires, comme la Boca. Les slogans "Diego vit", "10 Eternel", "D1OS" (jeu de mots avec Dieu et n°10), "Merci Diego" juxtaposent des représentations du but de "la main de Dieu" contre l'Angleterre en 1986, ou du numéro 10 embrassant le trophée mondial remporté cette même année.

"Il est une idole à présent disparue. Ils n'ont pas pu lui faire une statue de son vivant, alors ils lui font des fresques murales, et elles vont se multiplier"

Sergio, 57 ans, fan de Maradona

AFP

Entre son anniversaire – il aurait eu 61 ans fin octobre – et l'anniversaire de sa mort le 25 novembre, Maradona est partout. Sur les écrans d'abord, avec une série d'Amazon en neuf épisodes "Sueño bendito" (rêve béni) retraçant sa vie, et bientôt sur Star+ (Disney) un documentaire de deux heures en trois parties "Mas allá de Diego" (Au-delà de Diego). "Le dernier épisode de cette série est diffusé demain et montre la part d'ombre du Maradona 'humain', détaille pour franceinfo Leo Rossi, journaliste pour la chaîne de télévision argentine Cronica TV.

Idôlatré malgré une forte actualité judiciaire

Car l'ancien joueur du Napoli occupe aussi une partie de l'actualité judiciaire. En plus des controverses entourant son décès et son héritage, Maradona a récemment été accusé de séquestration par une Cubaine, Mavys Alvarez. Cette semaine, celle-ci a témoigné concernant des abus remontant à 2001, à Buenos Aires. Elle avait alors seize ans.

Malgré ces frasques, l'ancien footballeur reste idolâtré par une partie du peuple argentin. "Cela pose une réelle question : pourquoi pardonne-t-on toutes ces choses à Diego Maradona et pas à un autre ?", témoigne le journaliste Leo Rossi. "Un dieu un peu sale, le plus humain de tous les dieux", résumait, en son temps, l'écrivain uruguayen Eduardo Galeano.

Le monde du football a en effet massivement commémoré l'ancien sélectionneur de l'Argentine à l'occasion de son anniversaire, le 30 octobre. Des matchs se sont arrêtés à la 10e minute pour laisser place à une minute d'ovation, et un hologramme de Diego Maradona a même été diffusé avant un match de la sélection. Une "Coupe Maradona" entre le FC Barcelone et Boca Juniors, deux de ses anciens clubs, va même voir le jour le 14 décembre prochain en Arabie Saoudite.

Politiquement, Maradona reste un vrai symbole. Lors du "Jour du Militantisme", qui a donné lieu à des manifestations en souvenir du gouvernement péroniste (populisme de centre-gauche dont le nom découle de la figure de Juan Peron, au pouvoir de 1946 à 1955 puis de 1973 à 1974), lundi 15 novembre, trois figures étaient mises en évidence sur les tee-shirts. Aux côtés de Juan Peron et de son épouse Evita, figurait Diego Maradona. Lequel n'a jamais caché ses sympathies péronistes.

L'ironie, c'est que cette morose "première année sans Dieu", est aussi une année faste pour l'Albiceleste de Messi. La sélection vient de se qualifier sans peine pour le Mondial 2022 et a remporté en juillet, une fois l'idole disparue, la Copa America. Le seul trophée que Maradona ne put lui apporter. Le premier de la sélection, aussi, depuis la retraite du Pibe de Oro en tant que joueur. "Sans aucun doute, la mort de Diego Maradona a davantage impacté la société argentine que cette victoire", conclut le journaliste Leo Rossi.

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