Plateforme d'écoute, magistrat référent, "maraudes numériques"… Le gouvernement dévoile son plan interministériel contre la prostitution des mineurs

Il y aurait entre 7 000 et 10 000 mineurs prostitués en France, en majorité des filles, selon des estimations réalisées par le secteur associatif.

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Des prostituées à Lille (Nord), en juillet 2014. (MAXPPP)

Formation des professionnels en contact avec les enfants, pression sur les plateformes de location d'appartements, cyberenquêteurs... Le gouvernement a présenté le premier plan national de lutte contre la prostitution des mineurs, lundi 15 novembre. Le secrétaire d'Etat à l'Enfance, Adrien Taquet, a appelé à "ouvrir les yeux" sur un phénomène "en pleine expansion", lors d'une conférence de presse dévoilant les points principaux de ce plan interministériel doté de 14 millions d'euros sur neuf mois.

Le premier volet consistera à mieux connaître un phénomène encore largement méconnu, grâce au financement de projets de recherche. "Le secteur associatif évalue le nombre de mineurs prostitués dans une fourchette entre 7 000 et 10 000, mais cela reste approximatif et peut-être en deçà de la réalité", expliquait le rapport Champrenault, remis au gouvernement en juillet et qui a inspiré les mesures du plan. "La moitié d'entre eux – des filles en majorité, mais aussi des garçons – entrent en prostitution à 14 ans. Cela concerne tous les milieux sociaux", a précisé Adrien Taquet.

Des "maraudes numériques" pour repérer les victimes

Pour accompagner les familles démunies face à leur enfant, le gouvernement va mettre en place "une plateforme d'écoute unique" et entend "mailler le territoire d'associations spécialisées". Il s'agira ensuite de "sensibiliser les enfants eux-mêmes à l'école et former l'ensemble des professionnels en contact avec eux, communauté éducative, travailleurs sociaux, forces de police et gendarmerie", a ajouté Adrien Taquet. Les travailleurs sociaux auront des moyens renforcés pour effectuer des "maraudes numériques" sur internet. L'objectif sera d'aller "sur les réseaux sociaux pour repérer les victimes qui publient des annonces afin de nouer un premier contact".

>> Prostitution : des mineures recrutées dès le collège via les réseaux sociaux, le phénomène prend de l'ampleur

Le gouvernement veut aussi mettre la pression sur les plateformes de location d'appartements, où se déroulent de plus en plus les rencontres. "Pendant la présidence française de l'Union européenne, au premier semestre 2022, je porterai devant le Conseil européen des mesures pour imposer aux plateformes d'hébergement locatives une obligation de répondre dans les enquêtes concernant la traite ou le proxénétisme de mineurs", a déclaré le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, lors de la conférence de presse.

Un "magistrat référent" sera désigné dans chaque tribunal. Et du côté des forces de l'ordre, le gouvernement entend "renforcer les capacités d'enquêteurs sous pseudonymes" et développer les "enquêtes sur le cyberproxénétisme". "Une partie de la délinquance migre vers le cyber, ce sera de plus en plus le cas. Nous devons nous donner les moyens technologiques et la formation de suivre cette criminalité cyber", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

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