Infographies Débris spatiaux : qui sont les plus gros pollueurs de l'espace ?

La destruction récente d'un vieux satellite russe a éparpillé des milliers de nouveaux débris dans l'espace, alors que des millions de fragments gravitent déjà autour de la planète. 

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France Télévisions
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Une modélisation des débris spatiaux gravitant autour de la Terre (ELECTRO OPTIC SYSTEMS / AFP)

Cela fait à peine 65 ans que l'homme s'y rend, mais l'espace est déjà une poubelle. Pièces de fusée, vieux satellites inactifs, bouts de métal... Ce sont des millions d'objets inertes qui errent en orbite, représentant plus de 9 600 tonnes de déchets se déplaçant à des milliers de km/h. Et le risque de collision avec les quelque 2 600 satellites en service ne fait qu'augmenter. De quoi susciter l'inquiétude lorsque la Russie a détruit son ancien satellite Cosmos 1408 à l'aide d'un missile, lundi 15 novembre. Et éparpillé par la même occasion 1 500 nouveaux débris, contraignant les astronautes de l'ISS à se mettre à l'abri d'une potentielle collision.

En réaction, les Occidentaux ont fermement condamné les Russes. Washington, d'abord, accuse Moscou d'une "action irresponsable et déstabilisatrice". Mais aussi Paris, par la voix de sa ministre des Armées, Florence Parly. "Les saccageurs de l'espace ont une responsabilité accablante en générant des débris qui polluent et mettent nos astronautes et satellites en danger", a-t-elle tweeté.

Mais cette réaction vive ne devrait pas occulter la responsabilité partagée de la pollution spatiale. D'après une estimation réalisée par The Satellite Encyclopedia, à partir de données spécialisées issues du service SpaceTrack, les Russes sont  responsable de 36% des déchets qui gravitent autour de la Terre. Mais les Etats-Unis suivent (33%), devant la Chine (24%). La France ne dépasse pas les 3,3% du total, avec tout de même 512 objets inertes recensés.

Ces débris, qui sont la conséquence d'explosions d'engins spatiaux, de collisions ou des quelques destructions par missile, ne se valent pas tous. L'Agence spatiale européenne a fait ses estimations (en anglais) : 36 500 objets de plus de 10 cm, un million de morceaux entre 1 et 10 cm, et pas moins de 330 millions de particules mesurant entre 1 mm et 1 cm. Les fragments les plus petits sont d'autant plus dangereux qu'ils sont difficilement traçables, alors qu'ils sont suffisants pour endommager, par exemple, les panneaux solaires d'un satellite toujours en service. 

Et plus on envoie de satellites dans l'espace, plus le risque de collision augmente. Le 24 juillet 1996, déjà, un vieux fragment de fusée Ariane a percuté le satellite français Cerise à pas moins de... 50 000 km/h. Les débris de Cerise y sont encore. En 2009, c'est un satellite russe hors service qui est entré en collision avec un autre appareil américain, générant des milliers de nouveaux débris, et augmentant de nouveau le risque de futures collisions : c'est ce que les spécialistes appelle le syndrome de Kessler. Depuis 1957 et le premier satellite, le nombre de débris spatiaux a ainsi augmenté de manière exponentielle, comme cette modélisation réalisée par Stuart Grey, chercheur au sein du University College de Londres, permet de le visualiser.

Hasard du calendrier, trois jours avant le tir antisatellite russe, se tenait le Forum de Paris sur la paix. Plusieurs opérateurs de satellites, agences spatiales et universités s'y sont engagés à réduire le nombre de débris en orbite terrestre. "En lançant l'initiative 'Net Zero Space', nous appelons à un engagement mondial pour atteindre une utilisation durable de l'espace extra-atmosphérique au profit de l'ensemble de l'humanité d'ici 2030", ont-ils déclaré. Dans le même temps, Elon Musk, le patron de SpaceX, prévoit de lancer 12 000 satellites Starlink d'ici 2025. Avec un objectif de 42 000 à terme. 

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