Protocole anti-Covid dans les écoles : "On tire un bilan négatif" de l'expérimentation, dit le syndicat des directrices et directeurs

9 000 classes sont fermées aujourd'hui en France. Un nouveau protocole est étendu dans tout le pays à partir de lundi. Les classes ne ferment plus automatiquement quand il y a un cas positif.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Une élève se lave les mains dans une école. Photo d'illustration. (JEAN-FRANÇOIS FERNANDEZ / FRANCE-BLEU BESANÇON)

"On tire un bilan négatif" de l'expérimentation du nouveau protocole sanitaire dans les écoles, qui est étendu à tout le pays à partir de lundi 29 novembre en raison de l'épidémie de Covi-19, déplore Florence Comte, la secrétaire et porte-parole du Syndicat des directrices et directeurs d'école (S2DÉ) et directrice d'école élémentaire à Puget-Ville dans le Var, sur franceinfo. Alors que 9 000 classes sont fermées aujourd'hui en France, ce nouveau protocole veut que les classes ne ferment plus automatiquement quand il y a un cas positif, au contraire elles restent ouvertes et les élèves testés négatifs peuvent venir.

franceinfo : Le protocole sanitaire est testé dans votre département depuis le 7 octobre. Quel bilan en tirez-vous ?

Florence Comte : On en tire un bilan négatif. Nous avons eu des cas positifs au Covid-19 la semaine dernière dans notre école, les laboratoires ne pouvant se déplacer parce qu'ils sont complètement submergés par les demandes de tests, nous avons tout de même dû fermer trois classes. Donc cette semaine, dans mon école de treize classes, il y a trois classes fermées. Les parents sont dans une incompréhension la plus totale. Ils ne comprennent pas pourquoi les classes ferment malgré tout, d'une part parce qu'on faisait partie des départements expérimentant le nouveau protocole sanitaire et d'autre part par rapport aux nouvelles mesures du gouvernement disant qu'avec un test négatif les enfants peuvent revenir à l'école.

Auparavant, les élèves pouvaient revenir à l'école s'ils étaient testés négatifs sept jours après la détection d'un cas. Aujourd'hui, il n'y a plus de délai, les enfants peuvent se faire tester à J+0. Est-ce aussi un point que vous regrettez ?

Exactement. D'après l'expérience de terrain de nos collègues du syndicat et d'autres directeurs avec lesquels on est en contact, il y a très peu de cas positifs à J+0. Un élève est positif, les autres se font tester le jour-même ou le lendemain et il y a très peu de positif à l'issue de ce test. Mais le test à J+7 montre qu'il y a à ce moment-là beaucoup plus d'élèves positifs. Alors l'incitation simplement à faire tester leurs enfants que le gouvernement fait aux parents nous inquiète beaucoup. Cela risque de recréer des clusters dans les classes et donc de faire développer la maladie. On a l'impression que la période d'incubation du virus ne fait plus du tout partie du protocole. On fait front, on n'a pas le choix, on est là pour les élèves, mais c'est vrai qu'on est assez pessimistes, dans mon école notamment, sur la montée de la pandémie et on se demande combien de temps ça va pouvoir monter comme ça. Les élèves sont cas contacts de leurs parents donc certains sont isolés 17 jours. Certains sont cas contacts d'activités extrascolaires, donc sont à l'isolement sept jours. C'est assez compliqué de gérer tout ça au quotidien et on se demande combien de temps on va pouvoir continuer comme ça.

Vous avez adressé une lettre ouverte à Jean-Michel Blanquer. Que lui demandez-vous ?

On a besoin d'avoir des explications sur cette absence de tests à J+7. On n'est pas médecins, mais on ne comprend pas pourquoi il n'y a plus ce test. On comprend la nécessité de laisser les écoles ouvertes mais on se demande jusqu'à quel prix et est-ce que c'est bien de laisser les enfants dans ce milieu-là. Aussi, le personnel va peut-être être confronté à des élèves positifs et a probablement peur de ramener le virus dans leur foyer ou à leurs parents qui sont peut-être âgés ou fragiles.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Masques sanitaires

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.