A Roland-Garros, le public du court Philippe-Chatrier n'avait pas vraiment envie de quitter le central avant la fin du bal : "On va payer, on va rester"

Les spectateurs se sont fait entendre mercredi soir, à l'occasion du quart de finale opposant Novak Djokovic à Matteo Berrettini en "night session", la première ouverte au public.

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France Télévisions
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Novak Djokovic s'est qualifié en demi-finales de Roland-Garros dans un court Philippe - Chatrier vide.  (MARTIN BUREAU / AFP)

Il est 22h30, mercredi 9 juin, et une voix s'élève sur le court Philippe-Chatrier, qui voit s'affronter Novak Djokovic et Matteo Berrettini pour une place en demi-finales. Elle demande aux spectateurs de prendre leurs dispositions afin de quitter les lieux avant le couvre-feu. "On va payer (l'amende), on va rester !", entonne à l'unisson le public en guise de réponse. Les rares personnes qui osent se lever de leur siège se font huer, perçues comme des "traîtres".

Mais quinze minutes plus tard, le court est toujours aussi bien rempli et des sifflets stridents accompagnent la seconde intervention du speaker. Qui n'obtient pas davantage de succès. À 22h54 (quatrième set, 3-2), le jeu est arrêté et les joueurs rentrent aux vestiaires. Le message est clair : tant que les spectateurs n'évacueront pas le stade, le match ne reprendra pas. La fédération, le gouvernement et Amazon (unique diffuseur en France des sessions nocturnes) en prennent alors pour leur grade : "Remboursez !", "Macron, démission !", "C'est une honte, merci Amazon !", crient les spectateurs en colère.

Il y a alors trois écoles : ceux qui sortent sans broncher, ceux qui bronchent mais obéissent quand même, et puis... les autres, un peu plus remontés. Les échanges sont parfois corsés avec le personnel de la sécurité. Un homme à la chemise bleue, venu acompagné ses enfants, est particulièrement énervé et n'hésite pas à le faire savoir. "Payer 500 balles pour assister aux deux tiers du match, c'est une honte !", s'emporte-t-il, sans bouger de son siège.

Un public acquis à la cause de Berrettini

Au même moment, des scènes similaires se répètent un peu partout dans les tribunes. Certains usent même de stratégies incongrues pour ne pas quitter le court et se dissimulent entre les sièges. Sans grande réussite. Au total, 21 minutes sont passées avant que le jeu ne puisse reprendre. Dans un silence habituel, qu'on avait presque fini par oublier.

Il aura donc fallu attendre la dixième "night session" pour enfin entendre vibrer le court central après 20 heures. Novak Djokovic et Matteo Berrettini ont disputé leur quart de finale dans une ambiance de folie. Le public a très rapidement choisi son camp, celui de l'Italien. "Matteo, Matteo, Matteo", "Te amo Matteo" ["Je t'aime Matteo" en français], peut-on entendre résonner à chaque point inscrit par le numéro 9 mondial.

À 2-2 au quatrième set, Berrettini inscrit le plus beau point du match sur le service de Djokovic et revient à 30-30. Le public prend totalement son parti et donne de la voix pour congratuler son chouchou du soir. S'ensuivent alors des sifflets sur le service du Serbe. L'arbitre est contraint de demander aux fans de faire preuve de respect. Quelques points plus tôt, un pro-Berrettini avait fait retentir une sonnerie – celle du jeu vidéo Zelda – pour tenter de déstabiliser le n°1 mondial.

Les pro-Djokovic, en large infériorité, ont donc peiné à se faire entendre face à une telle ferveur. Mais la tension sur le court n'a pas suffi pour perturber le patron du circuit masculin, toujours aussi sûr de son fait et déterminé à rejoindre Rafael Nadal en demi-finale, pour le choc tant attendu de cette quinzaine.

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