Une journée entière dédiée aux transports à la COP26

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La COP26 se tient à Glasgow jusqu’au 12 novembre. Si le transport n’a pas été spécifiquement traité auparavant, la COP26 se démarque par une journée de travail qui sera entièrement consacrée à ce secteur. 

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Radio France
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"Je promets d'utiliser les transports publics", ce message est affiché sur le stand de l'association WWF à Glasgow, le 2 novembre 2021, pour la COP26. (OLI SCARFF / AFP)

A l’heure actuelle, peu d’accords ont été signés pour contrôler les émissions provenant du secteur du transport. Il représente pourtant près de 30% des émissions de CO2, en constante augmentation depuis 1990. Si rien n’est fait, ce chiffre devrait tripler d’ici 2030. Il est donc essentiel d’agir dès maintenant,

La COP26 et la prise en compte du secteur du transport

Le transport aérien et maritime par exemple sont respectivement régis par l’Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) et l’Organisation maritime internationale (OMI). Chacun de ces organismes fixe des règles afin de réduire les émissions de carbone. Mais pour l’instant, ces règles sont non contraignantes donc aléatoires. L’objectif de la journée transports de la COP26 est de coordonner tous les acteurs (États, Industriels, Société Civile) afin d’accélérer la transition du transport vers des émissions nulles.

Concernant le transport routier, responsable de 75% des émissions liées aux transports en général, la COP26 a créé le Conseil pour la Transition vers des véhicules à zéro émission. A cette occasion, les États ont rappelé leur objectif de sortir du thermique en 2030 pour de nombreux États européens, et en 2040 pour la France et l’Espagne.

Vers une mise en place d’un accord efficace sur le transport ?

En ce qui concerne l’aviation, l’Angleterre a d’ores et déjà présenté un ambitieux accord pour réduire les émissions du secteur, cela n’a pas empêché Boris Johnson ainsi que de nombreux chefs d’Etat de se rendre à Glasgow en jet privé. Quelquefois les symboles ont leur importance !

Mais au-delà des États, la transition du secteur du transport passe aussi par les entreprises. Par exemple, CMA-CGM commence à déployer des moteurs à base de Gaz Naturel Liquéfié (GNL) pour propulser ses porte-conteneurs, bien moins polluants que le fioul lourd.

Une priorité nécessaire pour la voiture

Il s’agit tout d’abord de proposer des solutions pour chaque moyen de transport et pour chaque secteur. Karima Delli, présidente de la commission du transport et du tourisme au Parlement européen précise : "On voit la relance du ferroviaire au niveau européen, ensuite il faudra accompagner le secteur aéronautique sur notamment l’hydrogène. Un des grands projets, notamment pour le maritime, c’est le fioul lourd. Enfin, l’objectif est la sortie des véhicules thermiques pour 2035."

La voiture individuelle représente près de 60% des émissions des transports. Pour les trajets domicile-travail au sein d’une ville, les solutions vont du déploiement des transports en commun, aux parkings en périphérie, à la voiture électrique à condition d'augmenter leur autonomie et les bornes de recharges rapides.

Pour les trajets plus longs, Thierry Salomon, cofondateur de Negawatt conseillerait plutôt l’utilisation de voitures hybrides biogaz/ électriques en attendant l’hydrogène vert, encore un peu cher. Cependant, un élément qui ne change pas, c’est l’importance de notre comportement, avec par exemple le covoiturage. "L’indicateur, c’est l’énergie par kilomètre parcouru par personne. Si on est deux dans une voiture, on divise cet indicateur par deux, c’est tout l’intérêt du covoiturage" souligne-t-il. 

Comment faire accepter ces contraintes ?

Le changement de comportement passe par la sobriété, c’est-à-dire se questionner sur le besoin d’un déplacement face à ses conséquences environnementales. Mais comment sensibiliser les populations à réfléchir en termes de sobriété ? En effet, les mesures environnementales sont souvent vues comme contraignantes et liberticides. Mais il faut voir ces potentielles contraintes comme un moyen de réduire les futures contraintes dues aux conséquences du réchauffement climatique, qui seront elles bien pires.

Les efforts de chacun pour la lutte contre le réchauffement climatique sont à l’instar du feu rouge.

"Quand il y a un feu rouge, je m’y arrête. C’est une contrainte. La probabilité d’arriver vivant lors d’un trajet est quand même bien meilleure si je m’arrête au feu rouge, et si tout le monde s’arrête au feu rouge. C’est pareil pour l’énergie, par rapport à notre planète. Soyons intelligent avec nos usages."

Thierry Salomon, cofondateur de Negawatt

à franceinfo

La lutte contre le réchauffement climatique est à l’image de la société, on peut regarder l’aspect technique sous tous les angles, mais l’élément clef, c’est le PFH, "le Putain de Facteur Humain ou le Précieux Facteur Humain", comme dit le philosophe Patrick Viveret. A nous de faire le bon choix !

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