À Hong Kong, la censure s'abat sur le cinéma

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Hong Kong a adopté une loi qui permet aux autorités d'interdire des films qui menaceraient la "sécurité nationale". 

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Radio France
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Un homme regarde le programme de films proposés par un cinéma de Hong Kong. (SOPA IMAGES / LIGHTROCKET via GETTYIMAGES)

Le cinéma de Hong Kong est entré dans la mémoire collective. Il y a les coups puissants d’un Bruce Lee. Il y a cette valse lancinante qui reste en tête, la musique magnifique, d’un film magnifique : In the mood for love. Réalisateur : Wong Kar-Wai.

On pourrait citer aussi John Woo, Jackie Chan, Stephen Show ou Tsui Hark. On en oublie beaucoup. Il est loin le temps du septième art florissant à Hong Kong, du cinéma cantonais de classe mondiale pendant la seconde moitié du XXe siècle. Et cette loi récente ne va pas l'aider à se redresser.

Une loi adoptée cette semaine par l'assemblée législative, dépourvue d'opposition et acquise à Pékin, autorise les autorités à révoquer la licence de projection de tout film "jugé contraire aux intérêts de la sécurité nationale". C'est suffisamment flou pour permettre une censure qui ratisse large. Le secrétaire d'État au commerce à Hong Kong, veut croire "que cela aidera l'industrie du cinéma à éviter de marcher au-delà des lignes rouges". Lignes rouges précisées dans une autre loi, celle sur "la sécurité nationale" donc, qui interdit notamment tout ce qui est considéré comme de la sécession, de la subversion. Une réponse directe au mouvement pro-démocratie, massif, en 2019.

Interdire les films déjà sortis

Les censeurs ont même le droit d'interdire les films d'avant. Les films déjà sortis, qui avaient reçu un feu vert, vont être revérifiés pour voir si ils sont conformes. Les inspecteurs peuvent aussi fouiller sans mandat tous les locaux soupçonnés de projeter des films non autorisés. Les peines maximales pour la projection d'un film sans licence ont été portées à trois ans de prison et une amende un million de dollars hong-kongais, environ 110 000 euros. Avec cette loi, c'est la fin d'une exception culturelle à Hong Kong, qui se rapproche des règles de censures imposées en Chine continentale.

Une faille dans la censure

La loi pour l'instant n'interdit pas à Hong Kong, les plateformes de streaming comme Amazon ou Netflix. Si vous avez un abonnement Netflix, vous pouvez en ce moment jeter un œil au documentaire Joshua contre une superpuissance.

Le portrait de Joshua Wong, célèbre militant pro-démocratie, emprisonné plusieurs fois, il a participé à la "Révolution des parapluies" en 2014. Espérons que ce documentaire soit toujours accessible sur cette plateforme à Hong Kong. Si c'est le cas, ce serait une petite claque pour la censure.

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