Sciences : l'étude de tableaux du XVIIe et XVIIIe siècles permet de comprendre le vieillissement des éco-matériaux du futur

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Pour savoir si la fibre de lin peut être une alternative au plastique ou à la fibre de verre, des chercheurs ont évalué sa tenue dans le temps en analysant la toile de tableaux du baroque italien, mais aussi de textiles mortuaires égyptiens. 

Article rédigé par
Anne Le Gall - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Études de différentes fibres de lin au microscope. (CNRS et Inrae)

La fibre de lin intéresse beaucoup les industriels car elle est plus écologique que le plastique. Comment cette fibre vieillit dans le temps ? Il y a deux possibilités pour savoir comment un matériau résiste au temps qui passe : soit il faut le vieillir artificiellement en laboratoire, en jouant sur la température, l'humidité, et quelques manipulations mécaniques, soit il faut analyser des objets vieux de plusieurs siècles. C’est pour cela qu'une équipe franco-italienne (impliquant le CNRS et l'Inrae, l’Institut de recherche pour l’agriculture et l’environnement), est allée prélever quelques centimètres carrés de fibres de lin sur des tableaux de peinture italienne datant du XVIIe et XVIIIe siècle – ils ont récupéré l'échantillon à l'arrière du tableau pour que ça ne se voit pas – et ils les ont analysés avec des microscopes dernier cri et de la spectroscopie infrarouge. Ils avaient déjà fait la même chose il y a quelques mois, en analysant des textiles mortuaires égyptiens vieux de 4 000 ans. Résultat : les images montrent à l'échelle nanométrique que les fibres de lin résistent très bien au temps qui passe.

À la grande surprise des chercheurs, les fibres de lin égyptiennes sont même mieux conservées que celle des tableaux italiens (qui elles, ont subi l’action chimique de la peinture et parfois de restaurations malheureuses). Mais dans les deux cas, les fibres de lin, certes, se raidissent un peu, mais gardent leur solidité, ce qui valide leur utilisation pour fabriquer des matériaux plus écologiques dans l’industrie. Y compris notamment pour remplacer la fibre de verre dans des pièces pour l’automobile ou l'aéronautique.

Des études sur le chanvre vont être réalisées

On pourrait redécouvrir d’autres fibres végétales anciennes et les remettre au goût du jour. Après le lin, les chercheurs aimeraient étudier le vieillissement des fibres de chanvre promises elles aussi à un bel avenir en terme d’éco-conception. Le chanvre a l'avantage en effet de pousser facilement chez nous sans consommer trop d’eau, explique Johnny Beaugrand, biochimiste à l’Inrae, l’un des auteurs de l’étude. Pour en savoir plus sur leur vieillissement, l’idée serait donc désormais de regarder du côté des vieux navires pour étudier des échantillons venus du passé. Le chanvre étant utilisé depuis des siècles, pour les cordages et les voiles.



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