L’Europe veut lutter contre la déforestation importée : ça concerne des produits que nous consommons au quotidien

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Le sujet peut paraître lointain, mais il nous touche pourtant directement en raison de la consommation d'aliments importés produits sur des surfaces agricoles issues de la déforestation.

Article rédigé par
Anne Le Gall - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Photo aérienne d'une zone déboisée près de Sinop, État du Mato Grosso (Brésil). (AFP)

On trouve dans nos supermarchés de nombreux produits qui contiennent du soja, de l’huile de palme, du cacao. Autant d’aliments importés et dont la production nécessite l’utilisation de vastes surfaces agricoles, parfois grignotées sur d’anciennes forêts. Il faut savoir qu’à l’échelle mondiale le recul de la forêt s’explique à 90% par l'extension des terres cultivées ou de l’élevage. C’est plus particulièrement le cas au Brésil, en Argentine, en Indonésie, Malaisie, et dans le bassin du Congo. Le consommateur n’en est pas toujours conscient mais par ses importations, l’Union européenne est ainsi responsable de 10 % du déboisement mondial. C’est cela qu’on appelle la déforestation importée. À elle seule la déforestation tropicale représente entre 10 et 12% des émissions de CO2 due aux activités humaines. La disparition de ces arbres tropicaux n’est pas compensée par la plantation de forêts ailleurs dans le monde.  

La commission européenne compte limiter le phénomène en demandant aux entreprises européennes de s’assurer que les matières premières qu'elles importent ont été produites sans destruction forestière. Le texte proposé mercredi 17 novembre devrait concerner, à priori, six produits de consommation courante : le bœuf, le café, le chocolat, l'huile de palme, le bois et le soja. Pour la commission européenne, ce sont les productions agricoles là qui sont le plus liées à la destruction d'écosystèmes forestiers. Plusieurs organisations comme Greenpeace ou le WWF aimeraient ajouter à cette liste, le caoutchouc et le maïs.

La déforestation visible grace aux satellites

Les entreprises pourront détecter le risque de déforestation dans les produits qu’ils importent en utilisant des images satellites. En comparant une photo d’archive du champ cultivé, et une photo actuelle, il sera possible de voir si la parcelle s'est agrandie au détriment des arbres ou pas. Le produit ne pourra entrer sur le marché européen que s’il est estampillé zéro déforestation, par rapport une date qui reste encore à définir. Ce pourrait être 2020.



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