Les grands incendies de forêts à l'origine de la prolifération d'algues à des milliers de kilomètres de distance

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Le gigantesque incendie qui a dévasté l'Australie en 2020 a provoqué une prolifération de phytoplancton et une tache d'algues de 9 millions de km2.

Article rédigé par
Anne Le Gall - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Une photo du gigantesque incendie qui a ravagé l'Australie en 2020. (HANDOUT / QUEENSLAND FIRE AND EMERGENCY SE)

Avec le réchauffement climatique, les grands incendies de forêt, comme ceux qui ont dévasté l’Australie en 2020 devraient se produire de plus en plus fréquemment. Or ces incendies peuvent avoir un impact inattendu. Ils peuvent faire pousser des algues des milliers de kilomètres plus loin.

Des taches vertes sur l'océan, des taches qui mises bout à bout ont une surface équivalente à celle du Sahara (plus de 9 millions de km2), voilà ce qui est apparu sur des images satellites entre l’Australie et les côtes sud-américaines, en début d'année dernière. Ces traces vertes correspondaient en fait, à une prolifération étonnante de phytoplancton, des microalgues. Pour la première fois, une étude parue dans la revue Nature a pu établir que cette apparition d’algues était en lien direct avec les feux de forêts australiens survenus à plusieurs milliers de kilomètres de là.

Ces microalgues ont pu proliférer de façon exceptionnelle, en se nourrissant des cendres de l’incendie. En clair, les panaches de fumée, riches en particules de fer produites par la combustion des arbres, ont fertilisé l'océan et en retombant, dans une zone habituellement pauvre en fer, ont permis ce développement exceptionnel de micro algues.

Des algues qui absorbent le carbone rejeté

L’histoire ne s'arrête pas là. L’autre constat, c’est que ces microalgues, en se développant grâce à la photosynthèse, ont absorbé une partie le carbone rejeté par ces incendies, explique, Morgane Perron coauteure de l'étude. 700 millions de tonnes de CO2 supplémentaires ont été rejetées dans l'atmosphère, rappelle cette chercheuse de L'institut d'études marines et antarctiques (IMAS), de l'Université de Tasmanie en Australie. Ces algues en ont absorbé une majeure partie avant de disparaître au bout de quatre mois, quand les cendres des fumées ont cessé de les nourrir.

Ce phénomène ne se produit néanmoins pas systématiquement. On savait déjà que l'océan était un puits de carbone, il absorbe un tiers du CO2 dues aux activités humaines mais là, il y a eu des circonstances exceptionnelles pour que ces algues apparaissent : vent, températures, saison. Le revers de la médaille c’est que ces panaches de fumées transportaient aussi des métaux lourds, plomb, zinc, mercure, qui sont aussi retombés dans l’eau.

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