La végétalisation des cimetières en Wallonie

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Ramener du vert dans les cimetières n'est pas une mince affaire entre contraintes techniques et incompréhension de certains visiteurs...

Article rédigé par
Isabelle Morand - franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 2 min.
Le cimetière de Noville-les-Bois, en Wallonie, dans la province de Namur. (ISABELLE MORAND / M. APPELDOORN / RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

En Belgique comme en France, la végétalisation des cimetières, leur enherbement partiel, leur gestion différente sont liés à l’interdiction de l’utilisation des produits phytosanitaires depuis 2019. Mais tout ne peut pas se faire en un claquement de doigts, c’est même beaucoup plus compliqué que ça en a l’air...

Les allées en graviers ou enherbées du cimetière de Namur, en Wallonie.  (ISABELLE MORAND / M. APPELDOORN / RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

Un équilibre à trouver entre minéral et végétal

Il faut semer de l’herbe mais pas partout, entretenir mais pas n’importe comment, et rallier à cette nouvelle gestion, des visiteurs des cimetières un peu déroutés. Depuis 5 ans, Mélanie Appledoorn, architecte paysagiste pour la région wallone, accompagne les communes dans cette transition :

"Dans un passé récent, les communes se contentaient d'entretenir les cimetières une fois par an. Maintenant, elles sont contraintes de trouver des alternatives puisqu'on ne peut plus utiliser de produits phytosanitaires pour l'entretien.

Une des solutions proposées pour limiter l'entretien, c'est de végétaliser, d'enherber certaines allées des cimetières. On n'enherbe pas toutes les allées, seulement les secondaires. Les principales demeurent en gravier pour permettre l'accès aux véhicules des services d'entretien, des pompes funèbres ou des marbriers." 

"Les plantes utilisées pour l'enherbement doivent être particulièrement résistantes au piétinement, et surtout à la sécheresse."

Mélanie Appeldoorn, architecte paysagiste

à franceinfo

Mélanie Appeldoorn, architecte paysage, en charge de l'aménagement des cimetières pour la région de Wallonie, en Belgique.  (ISABELLE MORAND / DIDIER HIRSCH / RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

Travailler, entretenir autrement

Ce sont donc des botanistes qui aident à composer les mélanges destinés à l’enherbement. On y trouve notamment du trèfle nain à croissance lente et bien résistant au piétinement.

Le personnel chargé de l’entretien des cimetières wallons doit aussi apprendre à travailler autrement. Il faut gérer le désherbage mécanique des surfaces en gravier, former le personnel et toutes les communes n’en ont pas forcément les moyens financiers.

Convaincre les visiteurs

Cette nouvelle façon d'entretenir les cimetières n'est pas toujours bien perçue par les visiteurs : "Au début, les citoyens sont très surpris. Certains sont même mécontents. Au début, l'enherbement n'est pas homogène, ce n'est pas toujours très beau.

Il faut aussi leur faire comprendre la nécessité de changer leurs habitudes. Par exemple, ils ne peuvent plus mettre des jardinières n'importe où. Elles doivent être absolument placées sur les concessions pour faciliter le travail des ouvriers communaux. Ce sont des mesures qui peuvent prendre les visiteurs au dépourvu."

"Il faut deux à trois ans pour que la population comprenne la démarche et les enjeux."

Mélanie Appledoorn

à franceinfo

Dans le cimetière du Père-Lachaise, à Paris.  (ISABELLE MORAND / RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

Le retour au vert

Cette nouvelle gestion permet en Belgique comme en France le retour du vert et de la biodiversité dans les cimetières. À l’image des vieux cimetières paysagers comme le Père-Lachaise à Paris, le cimetière de l’Est à Lille ou du cimetière naturel de Souché à Niort. 

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