En Égypte, l'artiste JR fait léviter une pyramide de Guizeh

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Connu pour ses collages géants, l’artiste français vient d’inaugurer sa dernière installation en périphérie du Caire.

Article rédigé par
Martin Roux, édité par Ariane Schwab - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
L'installation de JR devant la pyramide de Khéops au Caire (Egypte), le 21 octobre 2021. (MARTIN ROUX / RADIO FRANCE)

Des collages géants de photographies en noir et blanc, l’artiste français JR s’en est fait une spécialité. Il a ainsi orné le parvis de la tour Eiffel ou la pyramide du Louvre. Il s’attaque cette fois à une autre pyramide, s’amusant de devenir en quelque sorte un spécialiste.

Son sujet cette fois est autrement plus grand et plus ancien. Mais il y a bien un lien, car comme au Louvre, l’artiste joue à tromper le regard. JR a installé son collage à quelques dizaines de mètres de la pyramide de Khéops. La photographie d’un bras sort de terre, dans la main une image de la pyramide sur laquelle la pointe se détache du socle. Donc en se plaçant à un point de vue précis se crée une illusion d’optique.

Sortir l’art du musée

"Le pyramidion, le haut de la pyramide flotte et on voit le ciel à travers, décrit JR. Ça paraît impossible mais c’est possible, explique-t-il. Il y a un point de vue pour ça qui s’appelle l’anamorphose. Revoir le monument tout comme Christo l’a fait à Paris avec l’Arc de Triomphe, tout d’un coup on ne voit plus le monument de la même manièreJe ne sais pas si on pourra dire la même chose de mon œuvre ici mais en tous cas, le temps d’un mois, le temps de cette installation, ça permettra de se dire pendant un moment que la pyramide était décomposée, elle flottait."

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Et voici la pyramide en lévitation. JR n’est toutefois pas le seul artiste à participer à ce festival. Dix plasticiens et sculpteurs contemporains ont investi ce plateau de Guizeh avec des installations monumentales, s'appuyant sur cette idée de sortir l’art du musée. C’est en effet la démarche de l’organisation Art d’Égypte derrière cet événement. "L’art est considéré comme élitiste, surtout quand on est dans des galeries. Ça intimide beaucoup de gens. Mais là, d’amener des œuvres d’art dans des lieux historiques au public, c’est intéressant.", explique sa fondatrice Nadine Ghaffar.

"On ne paye pas de billet pour entrer, on va aux pyramides et on voit les œuvres d’art comme ça. Le public vient et il y a cette synergie et cette interaction qui est sublime."

Nadine Ghaffar, fondatrice d’Art d’Égypte

à franceinfo

Art d’Égypte n’en est pas à son coup d’essai. Lors des trois éditions précédentes, d’autres lieux emblématiques de la capitale égyptienne avaient servi d’écrin pour des œuvres d’art. Celle de JR et des neuf autres artistes qui exposent cette année resteront en place jusqu’au 7 novembre. (D'autres installation à découvrir sur le profil Instagram d'Art d'Égypte).

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