Priorité nationale, Eric Zemmour, nucléaire, retraites, déserts médicaux... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Marine Le Pen sur franceinfo

La candidate du Rassemblement national était l'invitée lundi des "matins présidentiels" de franceinfo. Elle répondait aux questions des spécialistes de franceinfo sur l'économie, l'environnement ou l'international, et à des questions d'auditeurs. 

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Marine Le Pen était l'invitée des "matins présidentiels" de franceinfo, lundi 15 novembre 2021. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national pour l'élection présidentielle 2022, était la troisième invitée des "matins présidentiels" de franceinfo, lundi 15 novembre, après Xavier Bertrand et Anne Hidalgo. La députée du Pas-de-Calais a prévu de faire 22 propositions dans le cadre du scrutin, lors de déplacements thématiques. Ces propositions seront ensuite rassemblées dans un livret au mois de décembre. Ses deux axes principaux sont l'immigration et le pouvoir d'achat. 

Covid-19 : "Rien ne justifie aujourd'hui de confiner"

Alors que l'Autriche a validé dimanche le confinement des personnes non vaccinées, Marine Le Pen estime qu'il n'est pas justifié de mettre en place la même mesure en France. "Rien ne justifie aujourd'hui un nouveau confinement", affirme-t-elle. Si le gouvernement ne le prévoit pas pour l'instant, elle dénonce "[le] chantage qui est fait par le gouvernement français" et dit "à l'avance" son opposition à une telle mesure. "Il en va de nos libertés individuelles. Ce n'est pas quelque chose d'anodin."

Eric Zemmour n'est "ni un adversaire ni un partenaire, c’est un concurrent"

Marine Le Pen s'est également exprimée sur le déplacement du candidat putatif Eric Zemmour devant le Bataclan samedi soir, jour de commémoration des attentats du 13-Novembre. Il s'est rendu devant la salle de spectacles et a critiqué François Hollande, assurant qu'il n'avait "pas protégé les Français" en 2015. "Eric Zemmour est un polémiste et il ne sait rien faire d'autre que de polémiquer", condamne-t-elle. "C'est ce qui différence un polémiste et un homme d'Etat." Elle estime qu'il "y a des lieux de souffrance et de martyr. Ce ne sont pas des lieux de polémique." Pour Marine Le Pen, "Eric Zemmour n'est ni un adversaire ni un partenaire, c’est un concurrent". Elle juge que "sur les idées régaliennes, il dit la même chose que [le Rassemblement national]". D'après elle, ses propositions "sont plus immatures que celles que nous présentons parce que nous les travaillons depuis très longtemps".

Migrants : il ne faut pas céder au "chantage" de la Biélorussie et son "arme migratoire" 

Concernant la crise migratoire que connaît l'Union européenne à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne, Marine Le Pen affirme qu'il "ne faut pas ouvrir les frontières" face à un "chantage" de la BiélorussieSelon elle, nous sommes face à "une Europe qui est assiégée par des migrants instrumentalisés comme une arme migratoire". Elle interprète cette crise comme "la conséquence des erreurs du passé", rappelant ce qu'elle décrit comme le "chantage de la Turquie" d'ouvrir les frontières. "D'autres régimes pourraient considérer que cette arme fonctionne extrêmement bien", redoute-t-elle.  

Priorité nationale pour l'emploi, le logement et certaines aides, une retraite à 1 000 euros minimum

Marine Le Pen a réaffirmé son projet de priorité nationale dans plusieurs secteurs, "essentiellement à l'embauche et au logement". "Il est parfaitement légitime que les Français aient un accès privilégié à ces logements sociaux", défend-elle. Par ailleurs, elle prévoit de modifier les règles d'attribution de certaines aides sociales. "Je réserve les allocations familiales exclusivement aux Français", explique-t-elle. Pour elle, les aides de solidarité comme le revenu de solidarité active (RSA), le prime d'activité ou l'aide personnalisée au logement (APL) "doivent pouvoir être obtenues par les étrangers s'ils peuvent démontrer cinq ans d'équivalent temps plein (ETP) de travail en France". En ce qui concerne les aides assurantielles, comme le chômage, "il n'y aura aucun changement par rapport à aujourd'hui", promet-elle.

Marine Le Pen propose également une retraite universelle de 1 000 euros minimum, "quelle que soit la durée de cotisation". "La manière dont vivent nos aînés est pour moi un marqueur de civilisation." Par ailleurs, elle souhaite fixer l'âge de départ à 60 ans et faire passer la durée de cotisation "de 43 ans à 40 ans". Pour autant, elle se défend de baisser le niveau des pensions. "C'est un choix de société", défend-elle.

Nucléaire : "Je construis six EPR et je rouvre Fessenheim", les éoliennes doivent être démantelées

Au lendemain de la clôture de la COP26, Marine Le Pen juge que "le sujet essentiel en termes de préservation de la planète, c'est le modèle économique ultra-libéral", préférant pour sa part "le localisme", c'est-à-dire d'après elle "produire au plus près et retraiter sur place". Elle qualifie cela de "patriotisme économique"

Oui au nucléaire, non aux éoliennes. En matière de politique énergétique, Marine Le Pen a notamment deux ambitions : "Je construis six EPR et je rouvre Fessenheim". Elle demande d'ailleurs à Emmanuel Macron de prendre "un moratoire sur le demantèlement de Fessenheim" avant "le point de non-retour" qu'elle situe au mois de mars 2022. Selon elle, la décision d'Emmanuel Macron de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) est "une erreur absolument majeure". En parallèle, Marine Le Pen souhaite lancer le démantèlement des éoliennes.

Une union "de Zemmour à Montebourg"

"Je veux faire l'union, rassembler autour de mon projet des gens qui ne sont pas précisément du Rassemblement national", se projette Marine Le Pen sur franceinfo. Cette ouverture doit se faire "jusqu'à la sincérité" selon elle. "De Zemmour et Montebourg, tous ceux qui croient en la France ont vocation à pouvoir participer à un gouvernement d'union nationale." Cette union nationale sera déterminée par "l'issue des élections législatives".

Une Europe "des nations libres"

La candidate du Rassemblement national plaide également pour "faire de l'Europe une association des nations libres" en opposition avec l'Union européenne dont elle considère qu'elle "se construit contre les peuples". Elle veut en être à l'avant-garde. "La France va redevenir le chef de file politique des pays non alignés sur les dogmes de l'Union européenne qui vise à effondrer la souveraineté des nations." 

Marine Le Pen "applaudit des deux mains" quand la Pologne reconnaît la primauté du droit national sur le droit européen. Elle rappelle que dans son programme, elle propose un référendum dans lequel "la Constitution est supérieure en droit à toute forme de sources de droit international".

Les déserts médicaux et la "fracture sanitaire" : "Pour un rééquilibrage entre les campagnes et les grandes métropoles"

Marine Le Pen propose également de revoir "l'intégralité de l'aménagement" des territoires français afin de lutter contre les désert médicaux, prônant la "démétropolisation". Cela consiste en un "rééquilibrage entre les campagnes et les grandes métropoles parce qu'il faut résoudre les problèmes de la fracture sanitaire, qui est de plus en plus importante".

Cette politique va au-delà du secteur médical, d'après elle. "Vous n'amènerez pas un médecin dans la campagne s'il n'y a pas d'école, s'il n'y a pas un hôpital car, souvent, les médecins travaillent aussi à l'hôpital", plaide-t-elle. "On a laissé la main invisible du marché, dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres, et ça a donné du grand n'importe quoi et beaucoup d'injustice."

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