Migrants : le déploiement d'un avion Frontex au-dessus de la Manche, "un point essentiel qui a été validé", se réjouit la maire de Calais

Natacha Bouchart demande aussi "impérativement, la création d'aires d'accueil supplémentaires à l'intérieur des pays de l'Union européenne pour pouvoir faire les mises à l'abri".

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Natacha Bouchart, maire de Calais (Pas-de-Calais). (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

"Le jour de trop est arrivé et les Calaisiens n'ont pas à porter sur leurs épaules les 27 décès qui ont eu lieu il y a quelques jours", a déclaré, dimanche 28 novembre sur franceinfo Natacha Bouchart, maire LR de Calais, alors qu'un avion européen Frontex sera déployé au-dessus de la Manche à partir du 1er décembre pour repérer les passeurs. La mesure a été annoncée par Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur à l'issue d'une réunion européenne, à Calais, sur le trafic migratoire.

franceinfo : Êtes-vous satisfaite de cette annonce ?

Natacha Bouchart : C'est un des points essentiels qui a été validé par rapport au déploiement d'une unité d'agence européenne Frontex sur l'ensemble du littoral et notamment de la ville de Calais. On ne peut pas être satisfait de cette rencontre, on peut l'être de l'échange qui a eu lieu aujourd'hui parce qu'il est hautement symbolique. Je considère que le jour de trop est arrivé et les Calaisiens n'ont pas à porter sur leurs épaules les 27 décès qui ont eu lieu il y a quelques jours. On leur en demande trop depuis 20 ans. J'ai fait des sollicitations très concrètes.

Qu'avez-vous proposé aux ministres avec qui vous avez pu échanger ?

Je leur ai proposé le déploiement d'une unité Frontex et cela a été validé. Je leur ai signifié qu'il fallait impérativement la création d'aires d'accueil supplémentaires à l'intérieur des pays de l'Union européenne pour pouvoir faire les mises à l'abri. Je leur ai demandé l'application effective des accords de Dublin avec l'examen des dossiers de demande d'asile pour le pays d'entrée de l'espace Schengen. Je les ai sollicités sur l'adaptation d'une législation française parce qu'il est impératif pour des raisons de fermeté et d'humanité de pouvoir remettre en place un délit de séjour irrégulier. Quand les clandestins sont arrivés sur notre côte littorale ils se mettent en danger, ils sont pris en charge par les passeurs, les migrants, les activistes.

Les associations demandent des solutions d'hébergements plus nombreuses. Est-ce que vous y êtes favorable sur Calais ?

Ce n'est pas possible. On a essayé plusieurs dispositifs humanitaires à mon initiative qui ont été suivis par les gouvernements successifs, mais à chaque fois on n'a pas pu le gérer. Donc, on sait bien qu'on ne peut pas accueillir sur notre territoire et notre périmètre la prise en charge de personnes en situation irrégulière parce que cela crée un appel d'air. Donc, il faut impérativement créer des lieux d'accueil en France et dans tous les pays européens.

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