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Allemagne : le salaire minimum n'a quasiment pas entraîné de licenciements

Moins de 5% des employeurs concernés par le salaire minimum ont effectué des licenciements, selon une étude menée auprès de 16 000 entreprises.

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France Télévisions
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Des travailleurs saisonniers participent à une récolte d'asperges à Geldern (Allemagne), le 5 avril 2016. (MONIKA SKOLIMOWSKA / DPA / AFP)

L'introduction en Allemagne d'un salaire minimum pour tous n'a pas conduit aux licenciements en masse redoutés par certains. Un an après l'entrée en vigueur du seuil minimum horaire de 8,5 euros brut, voici la conclusion d'une étude de l'institut IAB (en allemand) menée par un sondage auprès de 16 000 entreprises, parue mercredi 17 août.

Moins de 5% des employeurs concernés par le salaire minimum ont effectué des licenciements, après l'augmentation de la rémunération de certains salariés, le 1er janvier 2015. Mais le seuil minimum a surtout entraîné une hausse des prix de vente des services ou produits, décidée par près d'une entreprise sur cinq (18%). La même proportion a adapté le temps de travail, et une sur dix a fait montre de plus de retenue dans ses embauches.

Certains évoquaient un risque de licenciements massifs

Traditionnellement, le pouvoir n'intervient pas dans la politique des négociations salariales en Allemagne. Cette mesure était une concession majeure des conservateurs d'Angela Merkel au partenaire de coalition social-démocrate. Certains à droite, et un certain nombre d'économistes, avaient alors prédit des licenciements à la pelle. Mais l'IAB estime à 60 000 le nombre de postes perdus ou non-créés à cause du salaire minimum, sur un total de plus de 42 millions d'actifs en Allemagne.

Depuis 2014, quelque 436 000 emplois soumis à cotisations sociales – en opposition à des petits boulots – ont été créés, et le chômage est au plus bas depuis la Réunification (6,1%). Le prix de certains services, comme le taxi ou le coiffeur, a certes augmenté, mais l'effet est indolore sur l'inflation, car les prix de l'énergie ont chuté. Pour les bénéficiaires de la mesure, enfin, "les effets positifs sur la rémunération sont incontestés", relève l'IAB. Le 1er janvier 2017, le salaire minimum sera relevé à 8,84 euros de l'heure .

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