Forêts : faut-il planter des espèces exotiques pour accélérer le reboisement ?

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Durée de la vidéo : 3 min.
Article rédigé par
C. Arnold, R. Asencio, R. Massini, M. Petitjean, T. Walter - France 2
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Le gouvernement souhaite replanter 50 millions d'arbres pour lutter contre le réchauffement climatique. Parmi ces arbres figurent des espèces exotiques, qui pourraient, à terme, être nocives pour les forêts.

Le constat est le même partout : des forêts en souffrance, des arbres menacés et fragilisés par les sécheresses et les canicules... Parfois, des parcelles sont même entièrement ravagées, comme à Oltingue (Haut-Rhin), où des dizaines d'épicéas ont dû être abattus. Résultat : sur onze hectares, la forêt a disparu. Pour l'aider à renaître, en plus de la régénération naturelle, l'Office national des forêts (ONF) prévoit de planter de jeunes arbres.

Des essences exotiques potentiellement porteuses de parasites 

"On va plutôt favoriser les essences locales, et si on voit qu'elles sont en danger (...), avec des réserves en eau faibles, on va regarder si on peut introduire d'autres essences plus résistantes à la sécheresse", explique Odile Mougeot, chef du service forêt à l'ONF du Haut-Rhin. Depuis quelques années, de nouvelles essences, parfois venues de loin, sont donc testées en France, comme des sapins de Turquie ou des cèdres de l'Atlas. Mais face à l'urgence climatique et à une filière bois en difficulté, le gouvernement veut accélérer le reboisement. Le plan national de relance prévoit ainsi la plantation de 50 millions d'arbres pour 150 millions d'euros mobilisés. Un plan qui inquiète Guillaume Decocq, vice-président de la Société Botanique de France, car sur les listes des variétés d'arbres éligibles au repeuplement, figurent de nombreuses essences exotiques. "Certaines sont déjà des espèces classées comme envahissantes sur les listes régionales (...) ou qui sont potentiellement porteuses de parasites, de pathogènes", explique-t-il.

Parmi nos sources

Ministère de l'Agriculture et de l'alimentation

Liste des essences ouvrant droit aux aides de l'Etat - Exemple du Grand Est

Plan de relance - ONF  

Les îlots d'avenir - ONF

Guillaume Decocq 

Vice-Pdt de la Société Botanique de France, Docteur en pharmacie, Docteur en botanique, professeur de Sciences végétales et fongiques Université de Picardie Jules Vernes, membre de la Commission Régionale de la Forêt et du bois des Hauts-de-France

Liste non exhaustive

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