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Attentat à Istanbul : "J’aime mon pays, mais on n’est pas en sécurité ici"

Le triple attentat-suicide a fait 41 morts et 239 blessés à l'aéroport international d'Istanbul où montent l'inquiétude et les reproches faits au pouvoir du président Erdogan.
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Radio France
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 (Les familles des victimes des attentats attendent des nouvelles devant un hôpital proche de l'aéroport d'Istanbul © Radio France / Gilles Gallinaro)

A l'intérieur de l’aéroport, seule une palissade en métal cache péniblement les dégâts causés par l’une des trois explosions de mardi soir. Le plafond s’est en partie effondré et des traces de sang sont encore visibles. Mais autour de ce périmètre, les voyageurs s'activent comme si de rien n’était ou presque.

Certains voyageurs sont attablés aux terrasses de fast-food et prennent des photos. Pourtant, dehors, Ahmed au volant de son taxi est encore sous le choc. Il a quitté son service quelques minutes avant les premiers tirs de kalachnikov. Deux de ses collègues ont été fauchés. "C’est terrible" dit-il "j’ai peur maintenant quand je prends des clients. J’observe un peu tout le monde, surtout les gens qui ont des sacs" .

"Ma famille a peur pour moi, elle me dit d’arrêter ce travail. J’aime beaucoup mon pays mais on n’est pas en sécurité ici".

Le reportage de Gaele Joly et Gilles Gallinaro à Istanbul, après les attentats meurtriers qui ont visé l'aéroport international
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Dans ces attentats, 41 personnes sont mortes et plus de 200 ont été blessées, dont deux Français. La plupart des victimes ont été transportées à quelques kilomètres de l’aéroport, à l’hôpital de Bakirkoy, envahi par les familles et les proches. Parmi les 13 victimes étrangères, figurent cinq Saoudiens, une Tunisienne, une Jordanienne une Irakienne et une Ouzbek, plusieurs nationalités, à l’image de cette ville cosmopolite.

Alev est turque et elle a passé les dernières 24 heures au chevet de son jeune neveu de 20 ans. "Il était parti avec son père chercher sa tante qui revenait d’Allemagne. Les médecins ne nous donnent pas beaucoup d’informations" explique-telle. "On sait qu’il a deux débris de métal dans le crâne. Ils disent que les organes vitaux fonctionnent mais ils doivent le laisser dans un coma artificiel pendant 72 heures".

Alev, comme beaucoup de Turcs accuse le gouvernement du président Erdogan d’avoir laissé proliférer Daech dans le pays au profit de sombres calculs politiques, comme elle dit, sans pouvoir aujourd’hui réussir à contrôler le monstre.

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