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L'Arménie que visite le Pape toujours au cœur d'un conflit avec l'Azerbaïdjan

Le pape François effectue une visite en Arménie considérée comme le premier Etat à avoir adopté le christianisme au tout début du IVe siècle. Un pays toujours en conflit avec son voisin l’Azerbaïdjan, notamment dans la région du Haut-Karabakh qui a encore connu des affrontements en avril 2016. D’ailleurs, le souverain pontife devrait se rendre en Azerbaïdjan en septembre.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié
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L’Arménie est un pays indépendant depuis 1991 après avoir été une république soviétique. Avant d’être le «petit père des peuples», Joseph Staline fut le commissaire aux nationalités de Lénine. C’est à ce titre qu’il fixa les frontières des républiques membres de l’URSS. C’est à cette époque que les régions du Nakhitchevan et du Haut-Karabagh intègrent l'Azerbaïdjan. Deux régions comptant des populations arméniennes.

Lors de la désintégration de l’URSS, les deux pays s’affrontent. Le Nagorny-Karabakh ou Haut-Karabakh («Artsar» en arménien) est au cœur d'un conflit territorial qui oppose l'Azerbaïdjan et l'Arménie.

Peuplé à 80% d'Arméniens, le Haut-Karabakh est géré par une administration fermement soutenue militairement et financièrement par l'Arménie depuis le conflit séparatiste de 1991, qui a fait 30.000 morts et des milliers de réfugiés.

Lors de cette guerre, qui a vu la victoire des forces d'Erevan, les Arméniens ont pris non seulement le contrôle du Karabakh mais aussi des morceaux du territoire azerbaïdjanais, permettant ainsi une continuité territoriale entre l'Arménie et le Haut-Karabakh.

 (AFP)

Le groupe de Minsk à la peine
Un cessez-le-feu est conclu à Bichkek, la capitale du Kirghizistan, après la victoire de la partie arménienne en mai 1994. Le statu quo prévaut depuis : aucun accord diplomatique n'a été encore trouvé.

Les négociations conduites sous les auspices du groupe de Minsk de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), formé par la Russie, les Etats-Unis et la France (médiateurs du conflit depuis 1992), pour aboutir à un règlement permanent ont échoué. 

Néanmoins, en novembre 2008, l'Arménie et l'Azerbaïdjan ont signé une déclaration appelant à un «règlement pacifique» du conflit. Mais les accrochages entre les forces arméniennes et azerbaïdjanaises sont fréquents. Erevan pourrait demander l'indépendance du Karabakh tandis que Bakou menace régulièrement de reprendre la région montagneuse par la force.


Russie et Turquie dans le conflit
Le conflit s'est brutalement rallumé en 2016, faisant des dizaines de victimes. Sous l'égide de l'OSCE, les présidents arménien et azerbaïdjanais se sont engagés à respecter le cessez-le-feu dans la région disputée du Haut-Karabakh et à reprendre les négociations de paix. 

Les deux camps se sont rejetés la responsabilité de ces affrontements d'avril 2016. Certains ont pu voir des influences étrangères dans le réchauffement de ce conflit qui oppose depuis longtemps Arméniens chrétiens et Azéris musulmans et turcophones. «C’est peut-être davantage dans l’intérêt des puissances régionales de mettre le feu aux poudres», estime sur France 24 Thorniké Gordadzé, pour qui le bras de fer que jouent actuellement la Russie (qui possède des bases militaires en Arménie) et la Turquie (proche de l'Azerbaïdjan) n’est peut-être pas étranger à cet embrasement.

Le président turc, en froid avec Moscou, en raison du conflit syrien, n'a pas hésité à apporter son soutien à son homologue azerbaïdjanais. Recep Tayyip Erdogan a assuré le 3 avril, qu’il soutiendrait l'Azerbaïdjan «jusqu'au bout» dans ce conflit et a dit «prier pour que (ses) frères Azerbaïdjanais triomphent». Il a même affirmé le lendemain que «le Karabakh retournera un jour, sans aucun doute, à son propriétaire originel»

Mais pour Moscou, pas question de voir le conflit dégénérer. Aujourd’hui, le président Poutine entend bien que le calme règne entre ces deux pays, dont il a reçu les présidents, Serge Sarkissian (Arménie) et Ilham Aliev (Azerbaïdjan). «Les discussions sont difficiles. La principale tâche est de se prémunir contre une reprise des hostilités», a reconnu le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

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