Le Rwanda s'affirme aujourd’hui comme une valeur sûre de la création de mode en Afrique

Le Rwanda est doté depuis quelques années de sa propre Fashion Week. Si Kigali n'est pas encore Lagos, temple africain de la mode, ses créations séduisent de plus en plus une clientèle de locaux aisés, d'expatriés, de membres de la diaspora et d'hommes d'affaires de passage.

Des marques rwandaises comme House of Tayo, Moshions ou Sonia Mugabo ont vu le jour ces dernières années dans le pays. L'engouement pour ces vêtements made in Rwanda a commencé quand des personnalités locales, dont le président Paul Kagame, les ont portés. Et des réseaux sociaux, comme Instagram ou YouTube, ont largement contribué à leur succès.

Huit photos de Simon Maina illustrent ce reportage de l’AFP sur ces nouveaux jeunes créateurs et entrepreneurs.

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Depuis que l’acteur Junior Nyong'o, acteur et frère de Lupita Nyong'o, a assisté à la première mondiale du film "Black Panther" à Los Angeles en costume trois pièces signé House of Tayo, les ventes de cette marque se sont envolées. Aujourd’hui, son modeste site internet explose sous l'afflux de connexions du monde entier. Matthew Rugamba, un Anglo-Rwandais de 32 ans fondateur en 2011 de cette marque masculine haut de gamme, l'une des plus connues de la capitale rwandaise, déclare que cela a propulsé "le made in" Rwanda sur le tapis rouge d'Hollywood. (…) On a changé de dimension." Il ajoute : "Depuis des années, nous disons aux gens que notre mode est belle (...) mais il faut parfois des moments comme ça pour vous amener à l'étape d'après." SIMON MAINA / AFP
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Le style de Kigali "sort du lot sans être tape-à-l’œil", résume un entrepreneur venu au Rwanda pour développer des projets dans les nouvelles technologies. C’est "moderne, ethnique et enraciné dans l'identité de notre pays", ajoute Joselyne Umutoniwase, fondatrice de Rwanda Clothing, une petite maison de couture dont l'essentiel des créations est sur-mesure et qui intègre dans ses vêtements des éléments de l'héritage culturel rwandais. SIMON MAINA / AFP
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Les formes géométriques de l'imigongo – une méthode de peinture en relief utilisant de la bouse de vache et des pigments naturels, souvent noirs et blancs – forment un liseré sur les poches ou les encolures. Ou encore le perlage, qui ornait notamment la coiffe du roi du Rwanda, se décline sur le revers des vestes, tandis que le tressage orne la bride des sandales de la marque de chaussures Uzuri K&Y.   SIMON MAINA / AFP
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Ysolde Shimwe, co-créatrice d’Uzuri K&Y, insiste sur le désir des jeunes créateurs de changer l'image du Rwanda associé souvent au génocide de 1994 et ses 800 000 morts. Elle déclare : "Il y a dix ans, quand on tapait Rwanda sur internet, on ne voyait que des machettes, des gens qui s'entretuaient et des gamins affamés dans les rues (…), mais nous sommes plus que ça. En tant que designers au Rwanda, nous contribuons aussi à changer cette vision" du pays.  SIMON MAINA / AFP
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"Soucieux de développer la production locale, le gouvernement a joué un rôle important dans l'essor du secteur. Entre 2016 et 2017, le Rwanda a multiplié par plus de dix les taxes à  l'importation sur les vêtements de seconde main, imposant sur ce commerce un moratoire de fait. La décision a valu à Kigali d'être exclu par les Etats-Unis, principal fournisseur de ces produits, de l'Agoa – un système d'exemptions douanières pour les produits africains transformés. Parallèlement, le Rwanda a permis aux créateurs d'importer sans taxe leurs tissus, principalement de Chine, d'Inde ou d'Afrique de l'Ouest", précise l’AFP.   SIMON MAINA / AFP
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"Cela a été un soutien, un coup de pouce pour notre marque", souligne la fondatrice de Rwanda Clothing, qui vend à "la classe moyenne et à la classe supérieure" environ 60 euros une chemise et 70 euros une robe. Mais cette entrepreneuse, qui emploie 45 personnes, note cependant que les défis persistent, pointant notamment la taille réduite du marché local, car plus de 80% de la population rwandaise vit en zone rurale et le PIB par habitant ne dépasse pas 800 dollars, selon la Banque mondiale.SIMON MAINA / AFP
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De son côté, Ysolde Shimwe, co-créatrice d’Uzuri K&Y, note l'immense besoin de formation au Rwanda, en raison notamment des pertes de compétences liées au génocide de 1994. "Quand on a voulu lancer une marque de chaussures il y a huit ans, nous ne trouvions pas de main d'œuvre qualifiée. Il n'y avait littéralement personne qui avait cette expérience." SIMON MAINA / AFP
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Mais aujourd’hui, Uzuri K&Y s'enorgueillit d'avoir formé au fil des ans près de 1100 employés, dont certains ont monté leur propre marque, "emploient leurs anciens collègues (...) et embauchent aussi leurs propres stagiaires. Un formidable cercle (vertueux) que nous avons créé."   SIMON MAINA / AFP