Vidéo Au Gabon, la vétusté des infrastructures du pétrolier Perenco causerait des pollutions à répétition

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Complément d'enquête. Des pollutions à répétition au Gabon, dues à la vétusté des infrastructures du pétrolier Perenco ?

Que deviennent les forages abandonnés par les géants du pétrole ? Que fait-on des puits en fin de vie ? "Complément d'enquête" s'est penché sur une entreprise qui a pour spécialité de les racheter à bas prix afin de les exploiter jusqu’à la dernière goutte. Son nom : Perenco. Elle est bien connue au Gabon... notamment pour des faits de pollution. Extrait d'un reportage à voir le 21 octobre 2021.

"Notre malheur, c'est d'avoir un village qui abrite un exploitant pétrolier", soupire le chef du village voisin d'un site de torchage baptisé CB1, appartenant à la compagnie pétrolière Perenco. Dans la région d'Omboué, au Gabon, c'est le seul où Perenco ait reconnu une pollution ponctuelle, qu'il dit avoir nettoyée. Dans son secteur, le chef du village, lui, dit constater depuis vingt ans des pollutions à répétition. 


Au Gabon, Perenco est le premier producteur national de pétrole. La compagnie low cost y rachète ses puits à Total. Connue de tous, l'entreprise est combattue par certains, qui l'accusent de pollutions à répétition. Ces pollutions auraient déjà affaibli les écosystèmes de la mangrove, un refuge pour les poissons et les oiseaux. Pour les pêcheurs et les habitants de la région, elles auraient une explication simple : la vétusté des infrastructures Perenco. La multinationale extrait du pétrole sur des sites actifs depuis les années 1970.

Des installations envahies par la rouille... et les crabes

C'est le cas de celui d'Olendé-Plage, au bord de l'océan. Il a été foré par Elf, exploité par Total, et aujourd'hui par Perenco. Les journalistes s'y sont rendus avec Bernard Christian Rekoula, un réalisateur et activiste. Pour documenter ces pollutions, il sillonne la lagune depuis deux ans. 

Les lieux, sans surveillance, semblent à l'abandon.... Pourtant, bien que rouillée, elle tourne, cette tête de puits. A l'air libre, sans aucune protection, des bidons de produits chimiques qui servent à nettoyer les pipelines. Les installations sont envahies par la rouille… et les crabes. "Je n'ai pas besoin d'être ingénieur expert pour savoir que ça, c'est pas des installations qui sont aux normes !" s'exclame Bernard. Selon lui, sur la dizaine de sites qu'il a visités, les trois quarts sont dans cet état. Et Perenco a plus de 50 têtes de puits dans toute la région, précise-t-il.

Au Gabon, militants de la société civile et associations de protection de l'environnement se sont fédérés pour porter plainte contre Perenco. Le pétrolier, lui, affirme que ses installations sont aux normes et régulièrement révisées. Cet été, il a été mis en examen par la justice gabonaise, pour des faits de pollution.

Extrait de "Perenco : la low-cost du pétrole", un reportage à voir dans "Complément d'enquête", jeudi 21 octobre 2021.

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