Mawouo, une couveuse néonatale interactive "made in Cameroun"

Cet équipement destiné aux enfants prématurés a été inventé par l’Agence universitaire pour l’Innovation.

Au Cameroun, l’Agence universitaire pour l’Innovation (AUI), un hub pour la promotion de projets scientifiques, technologiques et entrepreneuriaux au service de l’Afrique, a conçu en 2018 Mawouo, une couveuse néonatale interactive.

Depuis son lancement, cette couveuse a remporté plusieurs récompenses. La première, le Prix spécial du Chef de l’Etat pour l’innovation, a été reçue au Cameroun en 2018. Deux autres ont suivi : l’une en France, le Prix initiative de l’AFD Digital Challenge, et l’autre en Afrique du Sud, le Prix Orange de l’Entrepreneur social pour l’Afrique et le Moyen Orient.

Huit photos de Daniel Beloumou Olomo illustrent ce propos

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Pour produire en série la couveuse 1.0 Mawouo, l’Agence universitaire pour l’Innovation a mis en place AUI Techno, une entreprise commerciale parrainée par le Dr Denis Mukwege, prix Nobel de la Paix 2018.    DANIEL BELOUMOU OLOMO / AFP
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Cette couveuse 100% "made in Cameroun" a été créée pour faire face à la mortalité néonatale qui atteint 28 décès pour 1000 naissances. Grâce à cette innovation, parents, médecins et personnels de santé peuvent suivre en permanence l'état des nouveau-nés prématurés : mouvements, températures, battements du cœur…    DANIEL BELOUMOU OLOMO / AFP
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Pour Serge Armel Njidjou, un des ingénieurs ayant conçu cette couveuse nouvelle génération "contrôlée à partir d'un téléphone portable", ce produit offre de nombreux avantages. Il peut être rechargé, outre le courant du secteur, grâce à des panneaux solaires pour faire face aux coupures d'électricité, fréquentes dans le pays. DANIEL BELOUMOU OLOMO / AFP
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Au final, ce matériel "coûte largement moins cher que les couveuses néonatales importées, pour une durée de vie multipliée par trois", explique l'entreprise à l’AFP. DANIEL BELOUMOU OLOMO / AFP
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18 couveuses ont déjà été vendues à des hôpitaux publics et privés au Cameroun, pour un prix d'environ 2 millions de francs CFA (3000 euros). "Nous avons un projet avec le ministère de la Santé pour doter les hôpitaux de 1000 couveuses dans les quatre prochaines années", rapporte à l'AFP l’ingénieur.    DANIEL BELOUMOU OLOMO / AFP
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A l'hôpital African Genesis Health de Yaoundé, une jeune mère observe sur son téléphone portable chaque mouvement de son nourrisson, né prématuré et placé dans une couveuse interactive. "A la naissance, mon bébé ne faisait que 1,5 kilo. S'il n'y avait pas eu cette couveuse, il serait déjà mort", témoigne-t-elle. Dans une autre pièce, un médecin explique : "Cette couveuse est connectée à une caméra qui nous permet d'avoir un œil sur l'enfant depuis notre bureau. S'il y a un souci, on peut facilement interpeller un infirmier pour qu'il intervienne rapidement." DANIEL BELOUMOU OLOMO / AFP
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Le petit hôpital La Patience, situé en périphérie de Bafoussam, dans l'ouest du pays, qui accueille des personnes aux revenus modestes a, lui aussi, acquis ce matériel. "Grâce à cette machine Made in Cameroun, nous n'avons plus eu de décès néonatal", assure Odette Diffouo, la responsable du centre.   DANIEL BELOUMOU OLOMO / AFP
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Mais des progrès restent encore à faire. Certains établissements publics disposent encore d'un nombre insuffisant de couveuses. "Si en un mois, nous enregistrons 10 décès de nourrissons, 6 sont des prématurés, c'est beaucoup", regrette une infirmière de l'hôpital régional de Bafoussam. D'après elle, ce taux de mortalité chez les prématurés est dû notamment aux mauvaises conditions de transfert des nourrissons, qui ne sont pas toujours bien enveloppés pour rester au chaud. L’établissement accueille chaque mois environ 100 prématurés. "Nous sommes parfois débordés", se lamente-t-elle.   DANIEL BELOUMOU OLOMO / AFP