Naufrage dans la Manche : au moins 27 migrants sont morts au large de Calais, quatre personnes suspectées d'être les passeurs arrêtées

"La France ne laissera pas la Manche devenir un cimetière", a affirmé mercredi soir le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, alors qu'une réunion d'urgence interministérielle se tiendra jeudi matin autour du Premier ministre.

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Des migrants tentent de traverser la Manche, le 27 août 2020. (SAMEER AL-DOUMY / AFP)

Au moins 27 migrants qui tentaient de gagner le Royaume-Uni sont morts dans le naufrage de leur embarcation dans la Manche, au large de Calais (Pas-de-Calais), mercredi 24 novembre. Le ministère de l'Intérieur a communiqué ce nouveau bilan en début de soirée. Gérald Darmanin s'est exprimé depuis l'hôpital de Calais où deux rescapés sont "soignés et dont les jours sont malheureusement également en danger", a-t-il déclaré. "Nous n'avons pas plus d'informations sur l'identité de ces personnes et les recherches vont continuer dans les heures qui viennent et demain, pour voir s'il n'y avait pas d'autres personnes dans cette embarcation de fortune", a-t-il ajouté.

Gérald Darmanin a par ailleurs annoncé que quatre passeurs suspectés d'être "directement en lien" avec ce naufrage ont été arrêtés. Le parquet de Dunkerque avait annoncé un peu plus tôt l'ouverture d'une enquête pour "aide à l'entrée au séjour irrégulier en bande organisée" et "homicide involontaire aggravé".

Les recherches interrompues

Les navires de sauvetage ramenant les victimes, parmi lesquelles figurent cinq femmes et une petite fille, devaient accoster dans la soirée à Calais, où un hangar a été ouvert dans le port pour accueillir les corps. Un large périmètre de sécurité a été mis en place avec un important dispositif de pompiers et sauveteurs, a constaté un journaliste de l'AFP présent sur place. Selon l'administration des affaires maritimes, les recherches ont pour le moment été interrompues.

Ce drame est le plus meurtrier depuis l'envolée en 2018 des traversées migratoires de la Manche, face au verrouillage croissant du port de Calais et du tunnel sous la Manche empruntés jusque-là par les migrants tentant de rallier l'Angleterre.

Une réunion d'urgence jeudi matin

Ce drame aussi terrible qu'inédit dans la Manche a suscité une vague de réactions et d'indignation à Paris comme à Londres après plusieurs semaines de tension entre les deux pays. "La France ne laissera pas la Manche devenir un cimetière", a affirmé Emmanuel Macron, mercredi soir dans un communiqué. Le président de la République demande le "renforcement immédiat des moyens de l'agence Frontex aux frontières extérieures" de l'UE et réclame "une réunion d'urgence des ministres européens concernés par le défi migratoire". Il a assuré que "tout sera mis en œuvre pour retrouver et condamner les responsables" de ce que le Premier ministre, Jean Castex, a qualifié de "tragédie".

Ce dernier a convoqué jeudi matin (à 8h30) une réunion d'urgence interministérielle (où seront présents les ministres de l'Intérieur, de la Justice, des Armées, de la Mer, des Transports, des Affaires étrangères, ainsi que le secrétaire d'État à l'Europe,  selon Matignon) lors de laquelle le ministre de l'Intérieur a promis de faire "de nouvelles propositions de moyens" pour lutter contre les réseaux de passeurs.

Boris Johnson charge la France

A l'issue d'une réunion de crise, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, s'est dit "choqué, révolté et profondément attristé" après ce drame, assurant vouloir "faire plus" avec la France pour décourager les traversées illégales. "Nous avons eu des difficultés à persuader certains de nos partenaires, en particulier les Français, d'agir à la hauteur de la situation, mais je comprends les difficultés auxquelles tous les pays sont confrontés", a-t-il affirmé sur la chaîne britannique Sky News. "Ce que nous voulons maintenant, c'est faire plus ensemble".

Le gouvernement britannique, qui s'apprête à rendre considérablement plus strictes les conditions d'octroi d'asile, veut rendre "impraticables" ces traversées périlleuses dans une des voies maritimes les plus fréquentées au monde, où les courants sont forts et la température de l'eau basse.

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