Procès du 13-Novembre : le rôle des frères Clain

Publié Mis à jour
FRANCE 2
Article rédigé par
S.Perez, N.Auer, L.Niro, B.de Saint Jore, L.Lavieille - France 2
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"On connaissait l'existence des frères Clain", a reconnu mercredi 17 novembre l'ancien ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, au procès des attentats de 2015. Les deux frères français avaient revendiqué les attentats au nom de l'État islamique. Qui étaient-ils ? Une équipe de France 2 est retournée à Raqqa (Syrie), où ils vivaient.

Ils sont les vétérans du djihad français, la voix de Daesh. Jean-Michel et Fabien Clain ont revendiqué les attentats de Paris en novembre 2015 depuis Raqqa, capitale des djihadistes en Syrie. Entre 2014 et 2016, les frères y vivaient avec leur famille. Les habitants n'ont pas oublié leurs visages, mais peu osent en parler, de peur des représailles. Arrivé en 2015 après son frère, Fabien Clain avait ses habitudes dans un fast-food. Il inspirait la peur avec d'autres étrangers. "Ils étaient habillés en militaires et étaient armés jusqu'aux dents", explique le gérant du restaurant.

Décédés en mars 2019

Sur les ruines d'un bâtiment détruit par une explosion, juste à côté du QG de Daesh, deux hommes ayant côtoyé les Clain en 2015 racontent : "Ils avaient beaucoup de matériel information et d'argent." Pour les policiers qui ont témoigné au procès, les frères ont joué un rôle clé dans la cellule chargée des attentats. Après les événements de novembre 2015, ils deviennent les Français les plus recherchés. Chassés de Raqqa par la coalition internationale, les frères se retranchent avec les djihadistes les plus irréductibles, dans leur dernier bastion syrien, Baghouz. En mars 2019, ils sont visés par des frappes, l'Etat islamique les déclarent morts. Mylène Foucre, veuve de Fabien Clain, continue de nier l'implication de son mari et conteste son procès. "Il est mort. Je ne vois pas en quoi cela soulagerait les familles qu'il prenne 10 ou 50 ans." Pour la justice française, pas de doute, les frères étaient au courant des attentats de Paris. Ils sont jugés par défaut, leur mort n'ayant pas été prouvée formellement.

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