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Des gendarmes du GIGN s'en prennent à leur chef dans une lettre anonyme

Ils reprochent à Hubert Bonneau de ne pas avoir engagé l'unité au Bataclan lors des attentats de novembre.

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France Télévisions
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Des gendarmes du GIGN, le 11 janvier 2016 à Versailles (Yvelines). (THOMAS SAMSON / AFP)

Le chef du GIGN est-il "peu courageux" ? C'est ce qu'affirment des gendarmes de cette unité d'élite dans une lettre anonyme révélée par Le Canard enchaîné mardi 12 juillet. Ce courrier, adressé au patron de la gendarmerie nationale Denis Favier, critique l'attitude d'Hubert Bonneau le soir du 13 novembre.

La missive est signée de "l'esprit de l'inter", au nom de membres de la Force intervention, qui regroupe une centaine de militaires. Impossible de savoir combien d'entre eux adhèrent aux propos virulents de ce courrier, mais selon les différents gendarmes du GIGN interrogés par l'AFP sous couvert d'anonymat, elle émane d'une poignée de mécontents. De nombreux membres de la force d'élite n'y ont pas été associés.

"Un mauvais chef"

"Voilà maintenant deux ans que nous subissons le commandement injuste et peu légitime du colonel Bonneau", "un mauvais chef", "qui fait de son mieux pour minimiser la force d'intervention", écrivent les initiateurs de la lettre. Ils estiment qu'il "ne comprend rien aux missions d'intervention", "est peu courageux et perd ses moyens dans l'action".

En cause, notamment, selon ces militaires anonymes – les syndicats ne sont pas autorisés dans la gendarmerie –, la soirée du 13 novembre. Au début des attentats, un groupe du GIGN s'est pré-positionné, à la demande des autorités, à la caserne des Célestins, dans le centre de Paris, pour intervenir en cas de nouvelles attaques.

La BRI et le Raid mobilisés, pas le GIGN

"Alors que nous étions 40 opérationnels (...) prêts à mener un assaut, prêts à faire cesser la tuerie", le colonel Bonneau "attendait sagement d'être appelé" et "se cachait derrière une histoire de compétence territoriale", accusent-ils, se disant "scandalisés et traumatisés par cet événement".

L'assaut au Bataclan contre les jihadistes a été mené par les unités d'élite de la police. La commission d'enquête parlementaire sur les attentats qui vient de rendre ses conclusions a conclu qu'il n'était "pas nécessaire" de solliciter le GIGN, estimant que la BRI et le Raid étaient mobilisés en nombre suffisant à la salle de spectacles.

"Les écrits anonymes sont un procédé condamnable"

Dans un communiqué, la Direction générale de la Gendarmerie Nationale a affirmé - en s'appuyant sur le rapport d'enquête sur les attentats - qu'"aucun élément ne vient accréditer la thèse d'un éventuel dysfonctionnement du GIGN". 

"Le général Denis Favier, directeur général de la gendarmerie nationale, tient à réaffirmer toute sa confiance au commandant du GIGN, le colonel Hubert Bonneau, indique le communiqué. Les écrits anonymes sont un procédé condamnable et n'honorent pas leur(s) auteur(s)."

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