Le général émirati Ahmed Nasser Al-Raisi, accusé de torture, élu président d'Interpol

Les Emirats arabes unis ont fait un don de 50 millions d'euros à Interpol en 2017, une somme presque équivalente aux contributions des 195 pays membres de l'organisation.

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Le général émirati Ahmed Nasser Al-Raisi, le 23 novembre 2021 à Istanbul. (OZAN KOSE / AFP)

Une élection très contestée. Le général émirati Ahmed Nasser Al-Raisi, visé par plusieurs plaintes pour torture, a été élu jeudi 25 novembre président d'Interpol, au grand dam des défenseurs des droits de l'homme. La fonction de président est essentiellement honorifique, le vrai patron de l'organisation étant son secrétaire général, l'Allemand Jürgen Stock, nommé pour un second mandat de cinq ans en 2019. Pour autant, la candidature du général émirati, dont le pays est devenu ces dernières années le deuxième contributeur au budget d'Interpol, avait suscité l'indignation d'organisations de défense des droits de l'Homme et d'élus européens.

Un don de 50 millions d'euros

En octobre 2020, dix-neuf ONG, dont Human Rights Watch (HRW), s'inquiétaient déjà du choix possible du général émirati, "membre d'un appareil sécuritaire qui prend systématiquement pour cible l'opposition pacifique". En parallèle, plusieurs plaintes pour torture contre Ahmed Nasser Al-Raisi, qui a rejoint les rangs de la police de son pays en 1980 et exercé en son sein plusieurs décennies durant, ont été déposées ces derniers mois en France, où siège l'organisation, et en Turquie, pays hôte de l'Assemblée générale.

Dans une référence à peine voilée à Ahmed Nasser Al-Raisi, la Tchèque Sarka Havrankova, seule autre candidate pour la présidence d'Interpol, a rappelé jeudi matin sur Twitter que les statuts de l'organisation impliquaient de "s'opposer aux arrestations et détentions arbitraires et de condamner la torture".

Les Emirats arabes unis ont fait un don de 50 millions d'euros à Interpol en 2017, une somme presque équivalente aux contributions statutaires des 195 pays membres de l'organisation, qui s'élevaient à 60 millions d'euros en 2020. Les Emirats, qui ont eux-mêmes accueilli l'Assemblée générale d'Interpol en 2018 et voulaient l'accueillir à nouveau en 2020, ont aussi "donné ou prêté 10 millions d'euros en 2019, environ 7% du budget annuel d'Interpol", souligne Edward Lemon, pour qui de tels financements sont un moyen d'acheter de l'influence.

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