Vidéo Sondages politiques : "Nos outils sont mis en difficulté quand l'abstention est massive", admet Jérôme Fourquet, de l'institut Ifop

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Pour Jérôme Fourquet, les dernières publications avant l'élection présidentielle de 2017 "étaient très proches des résultats du premier tour".

Jérôme Fourquet, politologue, directeur du département "Opinion" à l'Ifop, a admis ce jeudi sur franceinfo que les "outils" des instituts de sondages "étaient mis en difficulté quand l'abstention est massive" lors d'une élection. Les instituts de sondage sont l'objet de critiques sur la pertinence de leurs enquêtes en période électorale. Le journal Ouest France a d'ailleurs annoncé fin octobre qu'il ne commanderait ni ne publierait plus de sondage sur la prochaine présidentielle afin de ne pas alimenter les débats médiatiques.

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Jérôme Fourquet a tenu à rappeler la fonction même d'un sondage. "Libre à chacun de nous écouter. On n'a pas vocation à vous dire ce qui va se passer dans six mois, mais juste à éclairer l'état de l'opinion publique, le rapport de force électoral, les intentions de vote, mais aussi en termes de préoccupations des Français à un instant donné", explique le directeur du département "Opinion" à l'Ifop.

Les sondages ne sont pas "une science exacte"

Jérôme Fourquet a balayé les critiques sur les sondages réalisés trois ou quatre mois avant l'élection présidentielle de 2017. "Les dernières publications étaient très proches des résultats du premier tour", souligne-t-il. Mais il admet que sonder les électeurs n'est pas toujours simple : "Ce n'est pas une science exacte.Nos outils sont mis en difficulté quand l'abstention est massive. C'est un sujet sur lequel on travaille. Pour ce qui est de la présidentielle, on a l'espoir que le taux de participation soit important, ce qui permettra d'avoir des photographies les plus nettes possible."

"C'est le comportement qui est le plus dur à évaluer. Ce n'est pas tant ce que les gens vont voter, c'est de savoir si vraiment ils vont aller voter."

Jérôme Fourquet, directeur du département "Opinion" à l'Ifop

à franceinfo

Faut-il alors donner autant d'importance aux sondages à plus de huit mois du premier tour de l'élection présidentielle ? "Il faut les prendre pour ce qu'ils sont, ces sondages, et ne pas baser tout le commentaire éditorial uniquement sur la course de petits chevaux" répond Jérôme Fourquet car en insistant "sur le demi-point ou le point gagné, cela n'a pas de sens statistiquement."

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