Réseau de prostitution : 19 personnes interpellées entre le France et le Paraguay, au moins une quarantaine de victimes

L'Office central pour la répression de la traite des êtres humains et la police judiciaire d'Evry ont démantelé un vaste réseau international de prostitution. 

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Radio France
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Prostitution. Photo d'illustration. (REMI WAFFLART / MAXPPP)

Dix-neuf personnes, soupçonnées d'avoir exploité au moins une quarantaine de jeunes femmes paraguayennes en France, ont été interpellées en France et au Paraguay, a appris franceinfo mercredi 17 novembre de source policière. Un vaste réseau international de prostitution vient d'être démantelé par l'Office central pour la répression de la traite des êtres humains et la police judiciaire d'Evry.

Quatre enquêteurs de la police judiciaire, accompagnés de la juge d'instruction chargée du dossier, se sont rendus au Paraguay pour remonter à la source du réseau. En coopération avec les autorités paraguayennes, ils ont pu interpeller les têtes de réseau, les recruteurs, ceux qui percevaient les fonds du réseau de traites des êtres humains, ainsi que le gérant de l'agence de voyage, un septuagénaire qui s'occupait de toute la logistique. En plus du septuagénaire, trois autres interpellations ont eu lieu au Paraguay, dont une femme de 63 ans en lien avec sa fille âgée de 31 ans qui gérait en France ce réseau avec son compagnon. Tous sont Paraguayens.

"Il y a une négation complète de l'individu"

L'Office central pour la répression de la traite des êtres humains constate de manière croissante la constitution de réseaux issus d'Amérique latine pour l'exploitation de jeunes femmes en France. "Ces jeunes femmes sont complètement chosifiées, exploitées", commente Elvire Arrighi, à la tête de l'office. "On leur dit qu'elles vont travailler en France et pouvoir gagner beaucoup d'argent." La directrice de l'Office central pour la répression de la traite des êtres humains souligne que "leur exploitation est à échelle industrielle. Elles vont faire plusieurs dizaines de passes par jour en France, travailler toute la journée, parfois la nuit également. Il y a une négation complète de l'individu." Elle dénonce "un marché extrêmement juteux".

L'exploitation sexuelle de ces victimes, principalement en région parisienne et dans le nord de la France, a rapporté à ce réseau plusieurs milliers d'euros par jour.

Si les responsables de ce type de réseau "pouvaient penser qu'il y a une faible prise de risques", Elvire Arrighi souligne qu'ils voient "que les autorités françaises peuvent venir jusque dans leur pays pour les interpeller". Selon elle, "les éléments trouvés en perquisition au Paraguay permettent de penser qu'il y a certainement encore plus de victimes".

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