Scandale du chlordécone : le cancer de la prostate sera reconnu comme maladie professionnelle "avant la fin de l'année"

Un décret rendra possible l'indemnisation via un nouveau fonds dédié aux victimes de maladies professionnelles liées aux pesticides, a annoncé dimanche le ministre de l'Agriculture.

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Le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie, à la sortie d'un conseil des ministres, le 9 janvier 2021. (XOSE BOUZAS / HANS LUCAS / AFP)

Un décret reconnaissant le cancer de la prostate comme maladie professionnelle en raison du pesticide chlordécone sera pris "avant la fin de l'année", a assuré dimanche 28 novembre le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Julien Denormandie. "Je m'y engage. Le gouvernement s'y engage (...) C'est un plan à 92 millions d'euros que nous déployons", a déclaré le ministre dans l'émission "Dimanche en Politique", sur France 3.

Ce décret s'inscrit dans le cadre du quatrième plan chlordécone, annoncé en 2020 et destiné à lutter contre les conséquences de la pollution à long terme de ce pesticide. Les agriculteurs empoisonnés seront indemnisés via un nouveau fonds dédié aux victimes de maladies professionnelles liées aux pesticides, a confirmé le ministère.

Plus de 90% des adultes contaminés en Guadeloupe et en Martinique

Le chlordécone, interdit en France en 1990, a continué à être autorisé dans les champs de bananes des Antilles par dérogation ministérielle jusqu'en 1993, provoquant une pollution importante et durable. Une expertise de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) publiée en juin avait confirmé une "présomption forte d'un lien entre l'exposition au chlordécone de la population générale et le risque de survenue de cancer de la prostate".

Les populations antillaises présentent un taux d'incidence du cancer de la prostate parmi les plus élevés au monde. Plus de 90% de la population adulte en Guadeloupe et en Martinique est contaminée par le chlordécone, selon Santé publique France.

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