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Le CSA va se pencher sur "La Rue des allocs", le docu-réalité controversé de M6

Une association s'était opposée à la diffusion du documentaire, accusé d'être  "stigmatisant et honteux face à la détresse sociale que vivent près de 8 millions de personnes pauvres en France".

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France Télévisions
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Les premiers épisodes de "La Rue des allocs", "docu-réalité" destiné à montrer la vie dans un quartier pauvre d'Amiens, ont été diffusés mercredi 17 août 2016. (M6)

"La Rue des allocs" a-t-elle quelque chose à se reprocher ? Au lendemain de la diffusion des deux premiers épisodes du docu-réalité controversé de M6 sur la pauvreté dans un quartier d'Amiens (Somme), le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) annonce, jeudi 18 août, avoir ouvert d'un dossier à ce sujet après qu'il a reçu plusieurs signalements d'internautes.

Mercredi, la Fnars (Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale) avait demandé au CSA d'intervenir "pour suspendre la diffusion" du programme "stigmatisant et honteux face à la détresse sociale que vivent près de 8 millions de personnes pauvres en France". Le "gendarme du PAF" avait opposé une fin de non-recevoir à la requête, précisant ne pas être en mesure d'"intervenir avant la diffusion d'un programme".

Adaptée de "Benefits Street", une émission britannique, la série "capte la réalité" d'un groupe d'habitants du quartier de Saint-Leu, l'un des plus pauvres d'Amiens (Somme), frappé par la crise de 2008, avait expliqué son réalisateur Stéphane Munka. Saint-Leu connaît "un taux de chômage de près de 40%" (contre 19% pour Amiens), précise-t-il. La "plupart" des habitants "vivent des allocations, de la débrouille parfois, et peinent à joindre les deux bouts", souligne le docu-réalité.

Des "images banales du désespoir" pour le réalisateur

La presse a globalement été critique envers le programme. L'Humanité, qui y consacrait mercredi une double page intitulée "Télé-Poubelle", estime que la caméra "aime à les voir souvent bourrés. Le pauvre boit, et de la bière de mauvaise qualité, il faut le savoir". Le quotidien Libération titrait pour sa part "les pauvres aiment l'alcool et le tuning". De fait, la plupart des intervenants du premier épisode sont filmés canettes de bière en main, manifestement dans un état proche de l'ébriété.

Le réalisateur qui a travaillé pour "Spécial Investigation" sur Canal +, ou "Infrarouge" sur France 2, dit "comprendre ces réactions". Mais "qu'est-ce que je fais quand j'ai 80% des gens qui boivent ? Je comprends le débat mais comment résoudre ça, je fais de la censure ?" interroge-t-il. "Le vrai discours du doc est de dire que le chômage détruit", ajoute Stéphane Munka. "Ce sont les images banales du désespoir", des gens marginalisés, privés d'une vie active.

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