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Offres promotionnelles, achats intégrés, second job... Quand "Pokémon Go" rapporte gros

Plusieurs entreprises profitent de l'engouement provoqué par l'application mobile pour attirer de nouveaux clients. Et même les particuliers s'y mettent.

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France Télévisions
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Un homme joue à "Pokémon Go" à Washington, aux Etats-Unis, le 12 juillet 2016. (JIM WATSON / AFP)

Pokémon Go peut rapporter gros. Depuis son lancement le 5 juillet, le jeu en réalité augmentée a déjà accumulé plus d'un million d'euros de revenus sur l'App Store d'Apple, aux Etats-Unis. Plusieurs entreprises ont également décidé d'attirer de nouveaux clients en multipliant les offres et les références à l'application mobile. Qui sont ceux qui profitent de Pokémon Go pour augmenter leurs revenus ? Francetv info s'est penché sur la question.

Nintendo explose en bourse

Pendant que les dresseurs du monde entier partent en chasse de Pokémon, les boursicoteurs, eux, se jettent sur les actions de Nintendo. Le pionnier japonais des jeux vidéo n'est pas le développeur du jeu mais a simplement apporté son soutien à sa filiale The Pokemon Company et au studio Niantic. Pourtant, le titre Nintendo a augmenté de 59% depuis le lancement de l'application mobile, le 5 juillet dernier.

"Les ventes de Pokémon Go ne dopent pas directement les revenus de Nintendo. Il est donc naturel de penser que les investisseurs lorgnent sur d'autres facteurs qui pourraient bénéficier à Nintendo, explique Eiji Maeda, analyste chez SMBC Nikko Securities. Le succès de Pokémon Go augmente la crédibilité de la politique actuelle de Nintendo."

La firme japonaise a lancé sa première application pour smartphones en janvier. Quatre autres sont attendues d'ici mars 2017. Elles pourraient bénéficier de l'engouement renouvelé pour Nintendo, dont Pokémon Go est en train de redorer le blason.

The Pokemon Compagny pousse les joueurs à l'achat

L'application Pokemon Go est disponible gratuitement sur l'App Store d'Apple et sur le Play Store d'Android. Mais The Pokemon Compagny, qui édite le jeu, a quand même trouvé le moyen de faire payer les "dresseurs". Il est en effet possible de se procurer divers objets virtuels dans le jeu, pour accumuler plus vite de l'expérience ou attirer des Pokémon sans avoir à se déplacer.

Pour cela, il faut acheter des Poképièces, la monnaie virtuelle du jeu, avec de l'argent bien réel. Le prix de départ est de 99 cents pour cent Poképièces. Mais les moins motivés pour s'adonner à la chasse à Pikachu peuvent dépenser jusqu'à 99,99 euros par achat, note The Verge (en anglais).

La boutique de "Pokémon Go", où les gentilles Poképièces s'échangent contre de vrais euros. (FRANCETV INFO)

Qui est prêt à dépenser des sous pour capturer des petites créatures virtuelles ? Visiblement, beaucoup de monde. Les utilisateurs américains de Pokémon Go ont dépensé environ 1,6 million de dollars (1,4 million d'euros) sur leurs iPhones depuis le lancement du jeu aux Etats-Unis, rapporte Quartz (en anglais).

S'il n'existe pas encore de données concernant les achats intégrés sur Android, les analystes financiers prédisent un bel avenir à l'application. La compagnie App Annie estime ainsi que Pokémon Go devrait générer 1 milliard de dollars (900 millions d'euros) de revenus d'ici la fin de l'année. 

Des entreprises appâtent les Pokémon pour attirer les clients

Les créateurs de Pokémon Go ne sont pas les seuls à tirer des bénéfices du jeu en réalité augmentée. De nombreuses entreprises ont décidé de profiter de l'engouement pour l'application afin d'attirer de nouveaux clients. Certains utilisateurs du jeu choisissent en effet le restaurant où ils vont déjeuner en fonction des Pokémon qu'ils peuvent attraper à proximité, rapporte Business Insider (en anglais).

Résultat, plusieurs commerces ont payé 10 à 20 dollars pour installer des "appâts" virtuels qui attirent les Pokémon dans leurs établissements pendant une trentaine de minutes. "Des gens sont venus, se sont assis en commandant une ou deux bières et sont restés jouer à Pokémon Go", raconte Sean Benedetti, gérant d'une pizzeria new-yorkaise au New York Post (en anglais). Grâce à cette stratégie, le chiffre d'affaires du restaurant a bondi de 75% le week-end des 9 et 10 juillet.

D'autres magasins proposent des offres promotionnelles à leurs clients qui jouent à Pokémon Go, indique le magazine Time (en anglais). Un café de San Francisco (Californie) a ainsi promis de mettre en place un appât à Pokémon toutes les 15 boissons achetées dans le magasin. Un bar de Grand Rapids (Michigan) propose, lui, une réduction de 10% sur les consommations des clients qui ont rejoint l'équipe de joueurs "Mystic".

Des particuliers se font payer pour jouer

Certains dresseurs sont prêts à payer des dizaines d'euros pour attraper des Pokémon sans avoir à se déplacer. De là à engager quelqu'un pour jouer à leur place, il n'y a qu'un pas. Ivy St. Ive, une journaliste freelance, a parié sur le manque de motivation de joueurs pour arrondir ses fins de mois. La Newyorkaise de 24 ans propose, sur le site de petites annonces Craiglist, d'attraper et d'entraîner des Pokémon pour 20 dollars (18 euros) de l'heure, rapporte le site Huffington Post (en anglais).

"Je vous informerai même toutes les heures de toutes les choses excitantes qui m'arrivent pendant que vous êtes au travail, en cours ou en tête-à-tête", promet Ivy St. Ive. Pour ce tarif, les apprentis dresseurs ont même droit à des conseils gratuits.

Pour attirer les utilisateurs, la jeune femme s'est autoproclamée "entraîneuse professionnelle de Pokémon Go". D'où lui vient son expertise ? "Je joue à Pokémon - les cartes et le jeu sur Gameboy et Nintendo DS - depuis 1997 et à Pokémon Go depuis que l'application est lancée, assure Ivy St. Ive. Je sais ce que je fais... Et je les attraperai tous !"

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