"House of Gucci" : Ridley Scott raconte la chute d'un empire de la mode avec un casting cinq étoiles mais sans entrain

Lady Gaga, Adam Driver, Al Pacino, Jeremy Irons, Jared Leto : Ridley Scott n’y va pas de main morte dans son casting, mais manque de punch dans sa mise en scène.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Florence Andrews , Al Pacino , Jared Leto , Lady Gaga  et Adam Driver dans "House of Gucci" de Ridley Scott (2021). (METRO-GOLDWYN MAYER PICTURES INC. All Rights Reserved.)

Maurizio Gucci a été assassiné en 1995, sur ordre de sa femme, alors qu’il avait vendu ses parts majoritaires de la marque de mode à un groupe d’investisseurs basé à Bahreïn en 1993. Ridley Scott remonte toute l’histoire depuis les difficultés de la maison italienne de luxe dans les années 70 jusqu’à la condamnation des meurtriers. Lady Gaga, Adam Driver, Al Pacino, Jeremy Irons et Jared Leto sont du voyage, à partir du mercredi 27 novembre dans les salles.

Luttes de pouvoir

Aldo (Al Pacino) et son frère Rodolfo (Jeremy Irons) dirigent la maison de luxe italienne Gucci depuis la mort du patriarche. La succession s’avère difficile, entre le fils du premier, Paolo (Jared Leto), trop fantaisiste, et Maurizio (Adam Driver) attiré par les études. Ce dernier rencontre Patrizia (Lay Gaga) avec laquelle il se marie et qui l’incite à s’engager dans les affaires de la famille. Partant à la dérive suite aux  luttes de pouvoir, puis Maurizio se séparant de Patrizia, la maison Gucci part à vau-l’eau.

Un mois et demi après Le Dernier duel, Ridley Scott sort un nouveau film sur un sujet qui lui va comme un gant, comme cinéaste sophistiqué pour lequel le monde la mode n’a pas de secrets : l’histoire de Gucci. Avec un casting de haut vol et un tel réalisateur, tout devrait rouler. Le résultat n’est pas à la hauteur des espérances, tant Scott semble détaché du sujet, notamment dans une mise en scène peu personnelle, sur un thème où l’on ne parle que de parts d’entreprise, et où l’émotion est absente.

Manque de saveur

Si le réalisateur britannique a ébloui dans des œuvres de commande (Alien, Blade Runner), House of Gucci a les lacunes d’un film sans réelle ambition plastique, Scott étant en deçà de ses prouesses picturales, alors que tout s’offrait à lui avec un film sur mesure. Les acteurs sont, eux, au rendez-vous, parfois impressionnants, notamment Lady Gaga qui se confirme à chaque film comme une grande actrice. Si l’amour ambigu de Patrizia pour Maurizio a un réel intérêt dans la première partie, on décroche quand les intrigues financières prennent le dessus, pour se conclure dans une fin précipitée.

Lady Gaga  dans "House of Gucci" de Ridley Scott (2021). (METRO-GOLDWYN MAYER PICTURES INC. All Rights Reserved.)

Adapté de livre de Sara Gay Forden, loué comme un thriller dans le monde de l’économie de la mode, House of Gucci ne transmet pas la saveur noire de l’intrigue. Les décors, les costumes, les acteurs sont beaux, dans un film glacé qui manque de relief.

L'affiche de "House of Gucci" de Ridley Scott (2021). (UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FRANCE)

La fiche

Genre : Drame / Biopic
Réalisateur : Ridley Scott
Acteurs : Lady Gaga, Adam Driver, Al Pacino, Jeremy Iron et Jared Leto, Salma Hayek, Camille Cottin
Pays : Etats-Unis / Canada
Durée : 2h37
Sortie : 24 novembre 2021
Distributeur : Universal Pictures International France


Synopsis : Gucci est une marque reconnue et admirée dans le monde entier. Elle a été créée par Guccio Gucci qui a ouvert sa première boutique d’articles de cuir de luxe à Florence il y a exactement un siècle.
À la fin des années 1970, l’empire italien de la mode est à un tournant critique de son histoire. Si l’entreprise rayonne désormais à l’international, elle est handicapée par des rumeurs de malversations financières, une innovation en berne et une dévalorisation de la marque. Le groupe est dirigé par les deux fils du fondateur – Aldo, personnage rusé et haut en couleur, et son frère Rodolfo, beaucoup plus froid et traditionnel.
Pugnace, Aldo n’a pas la moindre intention de céder le contrôle de l’empire à qui que ce soit – et certainement pas à son fils Paolo, garçon fantaisiste qui aspire à devenir styliste. Quant à Maurizio, fils timide et surprotégé de Rodolfo, il a davantage envie d’étudier le droit que de diriger un groupe de luxe mondialisé.
C’est alors que Maurizio tombe amoureux de la ravissante et manipulatrice Patrizia Reggiani et, contre l’avis de son père, décide de l’épouser. Lorsque Aldo se découvre des affinités avec Patrizia, il réussit, avec l’aide de la jeune femme, à convaincre son neveu de renoncer à ses ambitions juridiques pour intégrer l’entreprise dont il devient, de facto, le probable héritier. Ce qui ne manque pas de nourrir la rancoeur de Paolo, dont le talent n’est pas à la hauteur de ses rêves artistiques…

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